Pour Cadillacaro

Par Lilibel

Fandom : Harry Potter
Pairing : Snape/Draco
Destinataire : Cadillacaro

Le papier crissait sous ses doigts comme chaque année à la même époque.
Délicatement il ouvrit le petit paquet transparent et en sortit de manière délicate, voir amoureuse, ce que le crissant papier de cellophane comportait jusqu’alors.

Il fit tourner la sucrerie dans ses doigts blancs et fins puis l’approcha de son nez aquilin pour en humer toute la saveur.

Il ferma les yeux et se représenta le sucre aux allures de givre et il semblait déjà se délecter de la petite sensation de fraîcheur qu’il ressentira lorsqu’il laissera fondre la pellicule sur sa langue.
Après le sucre, c’est le fruit confit qu’il recréa dans son esprit. Il le voyait de façon si parfaite et s’enivra de son parfum, imaginaire, encore caché par celui du sucre, mais, dont il connaissait toutes les nuances.

Il déglutit lentement, se préparant à ce qui allait suivre.
Il ne rouvrit pas les yeux, sachant précisément ce qu’il avait à faire.

Ses doigts cassèrent de façon pieuse la douceur givrée, en deux parties égales. Puis il déposa une moitié sur le papier transparent et rompit avec la même religiosité, la moitié qu’il avait gardé entre ses doigts. Puis il en déposa une partie à coté de la moitié intacte.

Le quart resta fut délicatement mis en bouche sur sa langue. Puis il referma ses lèvres et alors que le sucre commençait à réveiller ses papilles, il laissa s’échapper un son de délectation.

Un murmure. Minuscule. Mais dans cette pièce silencieuse où seul le craquement des bûches dans le foyer était audible, ce son prenait des proportions importantes.

Une fois ce quart finit, il entama le second selon le même rituel. Puis il rompit la seconde moitié et répéta sa dégustation lente et précise.

Combien de temps cela dura ? Draco serait incapable de le dire tellement il s’était perdu dans la contemplation des gestes simples et délicat qu’accomplissait le maître de potion.

Lorsque celui-ci rouvrit les yeux, il les planta dans les prunelles couleur acier de son élève et sa bouche s’étira dans un sourire satisfait. Pour ne pas dire gourmand.
Puis il se leva et le jeune homme en fit de même.

Sa vision se brouilla et il se retrouva dans sa chambre, la pensine devant lui.

Ce soir là, ce soir d’hiver où il avait eu besoin de se confier encore une fois à son parrain, il avait appris une chose.

Que lorsque la vie peut s’arrêter sur un simple coup de baguette, il faut profiter des petits moments de plaisir et de bonheur que l’on peut grappiller ça et là.

Il s’entendit sur son lit en se remémorant ce qui avait suivit et sa main fatiguée serra le papier cellophane avant de le porter à son nez.

Et alors qu’il se rappelait la forme et la texture de cette gourmandise, il sentit le goût sucré envahir sa bouche, souvenir d’un baiser unique et pourtant éternel.

Il avait profiter de ce moment de plaisir et c’était tout ce qui le faisait tenir. Le faisait espérer.

Ça et les marrons glacés.

Fin

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