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Coup de Pouce par Cadillacaro
Titre : Coup de Pouce
Draco attendait ce moment avec impatience. Ça faisait 8 ans. 8 ans qu’il avait quitté l’école. 8 ans qu’il ne l’avait pas revu. Il avait pensé à lui. Mais Draco n’avait aucune raison d’avouer ses sentiments. Donc, assis bien à l’aise dans un des superbes fauteuils de la bibliothèque, ses longs doigts feuilletant un épais ouvrage sue les bienfaits de la Magie Noire, Draco ne trahissait rien de sa hâte. Ni de son malaise d’ailleurs. Parce que vraiment, il n’aimait pas cet endroit. Le Manoir, là où il avait grandi, passé ses hivers et ses étés, le lieu qui avait été si plein de vie, si merveilleux et enchanteur, n’était plus qu’une cave. Tout ce qu’il pouvait ressentir ici, maintenant, c’était la tristesse et le désespoir; les émotions imprégnées dans les murs par le chagrin de sa mère à l’arrestation de Lucius. Il essayait de ne pas s’en formaliser, mais la tension était palpable. L’air avait perdu sa fragrance fruitée. Maintenant, Draco ne sentait que l’odeur du renfermé, des vieilles pages abîmées du livre. Il tenait Harry personnellement responsable pour sa situation actuelle. Après tout, c’était lui qui avait initié le contact la semaine précédente, réclamant un rendez-vous en tête-à-tête, sans raison particulière. Draco avait bien senti la menace dissimulée dans le message, et il était là, à attendre que Monsieur Harry Potter daigne bien se joindre à lui. Il se redressa légèrement dans le fauteuil quand il entendit la sonnette retentir, suivi des pas feutrés d’un petit Elfe, qui accourait pour ouvrir la porte. De lourdes foulées résonnèrent dans le couloir désert et s’arrêtèrent au seuil de la bibliothèque. Draco leva les yeux de son livre, et soupira, son regard posé sur la carrure imposante de l’invité. « Kingsley, c’est bien ça ? » Le grand homme hocha la tête. « Je viens juste vérifier que l’endroit est sûr. » Draco se dirigea vers lui, et se faufila entre le montant de la porte et le géant, puis indiqua le couloir d’un geste de la main. « Faites comme chez vous. Je vous demande juste de ne pas aller dans la partie sud du premier étage. » L’homme hocha de nouveau la tête, apparemment convaincu que Draco ne plaisantait pas, et s’engouffra dans un petit bureau. Draco l’observa pendant que l’autre fit le tour de la pièce, inspectant sous le bureau et derrière les tableaux. Kingsley murmura quelques mots à la manche de sa veste et quitta la salle. Draco le suivi du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse en haut de l’escalier. Quelqu’un frappa à la porte et Draco bouscula le petit Elfe en ouvrant la porte. La pauvre créature s’écrasa contre le mur, et se frappa la tête tout en courant vers la cuisine. Draco, lui, regardait le nouveau venu. Là, devant lui, se tenait Harry Potter, les cheveux en pétard, les lunettes de travers et le col de la chemise à moitié retroussé. Draco l’invita à entrer, s’effaçant derrière la porte. « Sympa chez toi Malfoy » lança Harry, une fois à l’intérieur. Il colla son doigt au mur et s’amusa à avancer en le faisait glisser le long des riches tapisseries. « Qu’est-ce que tu me veux ? » Draco demanda, exaspéré par la nonchalance d’Harry. Et ce petit sourire en coin, c’était insupportable. Il soupira, voulant à tout prix contenir sa colère grimpante. Harry entra dans le salon, et virevolta vers Draco, qui le suivait. « À vrai dire, Draco, j’ai besoin de ton aide. » Draco lui jeta un petit sourire de mépris, puis alla s’asseoir dans le canapé, ses longues jambes croisées, une main reposant élégamment sur l’accoudoir et l’autre indiquant un fauteuil. « J’écoute. » Harry se posa lourdement dans la chaise, faisant craquer le bois des pieds, et se racla la gorge. Draco leva un sourcil pendant qu’Harry passait sa main dans ses cheveux. Il était vraiment insupportable. Monsieur Harry Potter. Le Roi du Monde. Qui avait tout le monde à ses pieds depuis qu’il avait ‘sauvé’ la communauté. Un emmerdeur de première classe. Mais là, Draco se devait de prendre un méchant plaisir à l’humilier. Harry baissa les yeux et commença à fixer les dessins sur le tapis oriental. Il croisa, décroisa et recroisa ses doigts plusieurs fois, si bien que Draco fini par avoir le tournis. « On va y passer la nuit ? » Draco lâcha, franchement ennuyé par cette attitude de gamin. La réponse était tellement discrète qu’il pensait l’avoir confondu avec un bruit d’Elfe. Mais non, les lèvres d’Harry bougeaient bien. « J’espère bien. » C’était quoi comme réponse ça ? Il est franchement bizarre ce type. Il avait peut-être oublié qu’ils se détestaient. Oui, c’était sûrement ça. « Tu as peut-être oublié qu’on se déteste. » Harry leva les yeux vers lui et lui sourit d’un petit sourire amusé. « En fait, tu es la seule personne qui puisse m’aider. » Draco le fixa du regard. « Écoute, » il soupira, « si c’est des infos sur la Magie Noire que tu cherches, je ne peux rien faire pour toi. » Harry éclata de rire. Il était dingue. C’est la seule explication possible. Draco leva les yeux au ciel. « Bon, alors, c’est quoi ? » Il commençait vraiment à être énervé. « Voilà. Je me suis renseigné, et tu es le seul qui a le même problème que moi. Enfin, je suis pas sûr de l’avoir ce problème. Donc, en fait, il faudrait que tu me montres. » Non mais, il se fichait de qui ce type ? C’était quoi comme réponse ça ? C’était même pas des phrases. « Hein ? » Bon, d’accord, ça, c’était pas une phrase non plus, mais il l’avait cherché. Harry recommença à entrelacer ses doigts. Il prit une profonde inspiration et se lança dans une explication à peine compréhensible. « Bon, tu vois, toi, t’es pas comme Ron. J’veux dire, tu cours pas derrière les jupons des filles. Tu sais ? Enfin, je croyais que j’étais comme Ron. Et puis, tu vois. Bref. En gros, je suis plus comme toi que comme lui. Je crois. Je sais pas. Tu comprends ? » Draco fronça les sourcils en tapotant son genou du bout des doigts. Il était malade. Voldemort avait vraiment fait plus de dommages que la presse n’avouait. En un éclair de lucidité, et surtout parce qu’il était bien supérieur à l’intellect limité d’Harry, Draco comprit. Il porta une main à sa bouche pour cacher son sourire. « Tu aimes les hommes ? » Harry soupira, apparemment soulagé. « Et tu pensais qu’en venant ici, tu pourrais ‘expérimenter’ ? » Harry hocha la tête. « C’est pas un problème ? » Quel crétin. Certes, un beau crétin. Un beau crétin qui s’offrait librement à lui. Ça pourrait être assez amusant de le regarder supplier. Mais prit d’un élan de bonté, Draco se leva, traversa le salon, et se pencha lentement vers Harry, jusqu’à ce que leurs visages se touchent presque. « Pas du tout » Draco murmura à l’oreille d’Harry avant de caresser sa joue. Il laissa ses doigts glisser le long du visage, puis se rapprocha et laissa ses lèvres se coller à celles d’Harry. Il ne s’attendait pas à une réponse aussi enthousiaste. C’était loin d’être parfait, mais la langue d’Harry contre la sienne, les mains d’Harry sous sa chemise, le petit bruit qu’Harry faisait, c’était trop. Draco déboutonna presque sauvagement la chemise d’Harry, et plaça des légers baisers sur sa poitrine, de plus en plus bas, jusqu’à ce qu’il atteigne la barrière de jean. Ses doigts glissèrent contre la braguette, et il lui fallut plusieurs tentatives avant de la baisser. Il glissa sa main à l’intérieur du pantalon et se releva un peu pour embrasser Harry, qui gémit contre sa bouche. Un raclement de gorge les fit tressaillir. Draco se leva et se tourna vers la porte alors qu’Harry essayait désespéramment de remonter sa braguette. Draco pouvait voir Kingsley les fixant tous les deux. Sa chemise était sortie de son pantalon, et il avait une trace rosée sur la joue. « Harry ? » il appela. Harry se leva et glissa un morceau de papier dans la main de Draco. Il suivit Kingsley hors du Manoir sans un mot. L’irritation commençait déjà à monter en Draco. Il les regarda partir, puis alla s’affaler dans le canapé. Il tourna et retourna le petit bout de papier entre ses doigts. C’était du Harry Potter tout craché cette histoire. Il prenait tout ce qu’il voulait et laissait les autres avec leurs merdes. Il déplia le papier. Un seul mot l’orné. « Merci ». Draco grogna et jeta le papier à travers la pièce. Il se leva, alla le récupérer et commença à le déchirer en petits morceaux. Des petits confettis volaient atour de lui. Il hurla et maudit le nom d’Harry Potter jusqu’à ce qu’il n’ait plus de voix. Il retomba sur le canapé, exténué. Il remarqua du coin de l’œil sa mère qui l’observait. Elle entra doucement dans la porte. « Draco, chéri, ça ne sert à rien de s’énerver comme ça. Viens donc avec moi. J’ai besoin d’aller chercher quelques plumes d’Oxère. » Il se leva à contrecœur et la rejoignit. Il avait vraiment perdu la tête. C’était officiel. Et le rose à lèvre de sa mère avait l’air bien pâle.
Fin
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