Le
Pull
de Cathy
Izzie se dépêchait dans les escaliers. Sa garde
n’avait pas commencé, mais elle voulait voir
Denny, comme elle le faisait tous les jours. Elle prenait ce temps
là pour vérifier l’état de
santé de son patient
préféré, mais aussi pour le voir un
petit peu avant une longue journée de travail. Voir Denny
lui donnait assez de courage pour affronter n’importe quelle
situation qui pouvait arriver dans un hôpital. Elle
s’était rendue compte de ça petit
à petit, que Denny lui insufflait une nouvelle force
inconnue jusqu’alors.
Izzie poussa doucement la porte de la chambre. Denny semblait dormir
paisiblement. Rien ne trahissait sa maladie. Il était un peu
pâle certes, mais il avait encore l’air
d’un homme fort et sûr de lui, d’un homme
prêt à tout vaincre, y compris les faiblesses de
son cœur.
La jeune doctoresse s’approcha doucement, le regardant
dormir. Il se mit alors à bouger un peu et ouvrit les yeux.
Un sourire encore endormi apparut sur son visage.
« Hello, bel ange. Serais-je au paradis pour me
réveiller en si bonne compagnie ? »
Izzie ne put s’empêcher de sourire :
« M. Duquette, je crains que vous n’alliez devoir
supporter les mortels encore un peu. »
« Oh, mais s’il y a un ange parmi les mortels, cela
me convient très bien. » répondit-il en
souriant tendrement.
Il se redressa un peu, aussitôt aidé par Izzie qui
prenait son rôle de médecin poule très
au sérieux.
« Comment vas-tu belle Izzie ? »
« Ce n’est pas à toi de poser cette
question. » sourit-elle en remarquant que Denny portait le
pull qu’elle lui avait tricoté. « Tu as
eu froid ? » s’enquit-elle.
« Pas spécialement… mais il sentait
Izzie… C’est très agréable
pour s’endormir dans cet hôpital. »
« Et non pas pour s’endormir ailleurs ? »
répliqua-t-elle taquine.
« Hm… il faudrait que je test avant pour pouvoir
me prononcer. » répondit-il sur le même
ton.
« M. Duquette, serait-ce… »
Izzie se réveilla en sursaut et chercha un moment Denny du
regard… Mais Denny était mort… Cela
faisait presque deux mois.
Elle soupira et se frotta le visage en ravalant la boule qui
s’était formée au fond de sa gorge.
Elle voulait être forte, mais malgré tout, toute
sort de souvenirs de Denny lui revenait continuellement pendant son
sommeil. Des fois des cauchemars qui lui rejetaient la mort de Denny
à la figure, et d’autres fois, comme
aujourd’hui, des rêves dans lesquels Denny
était encore Denny et non un cadavre froid.
Elle finit par se lever, alla se désembrumer
l’esprit sous la douche, s’habilla et
descendit prendre son déjeuner.
Un colis attendait dans la cuisine.
Intriguée, elle s’approcha et vit qu’il
lui était adressé.
Elle haussa un sourcil et l’ouvrit, restant
médusée par ce qu’elle trouva
à l’intérieur : le pull de Denny, celui
qu’elle lui avait tricoté et offert.
Un peu tremblante, Izzie le porta à son visage, le serra
contre elle. Il avait encore l’odeur de Denny, une odeur
d’homme fort et sûr de lui.
Elle resta un moment ainsi, debout, les yeux clos, respirant le doux
parfum du pull.
« Izzie ? »
Georges la regardait un peu inquiet :
« Ca va ? »
Izzie lui fit un petit sourire triste, une larme solitaire
s’échappant du coin de son œil.
« Oui, oui, ça va. Je vais préparer le
petit déjeuner. Va t’habiller, on va
être en retard. »
Elle rangea le pull avec précaution, prit une bonne
inspiration, et la vie reprit son cours.
<hr>


