Fandom : Harry Potter
Disclaimer : tout appartient à JK Rowling.
Rating : R 
Pairing: HP/CD
Genre : Angst. Drama .Character death.

 

  Le parfum de l’innocence.
par Lulucyfair

                                                            

 

Il n’y avait personne dans le cimetière. Personne dans ce cimetière écrasé de soleil. Personne sauf cet homme. Tout seul avec son bouquet de fleurs. D’étranges fleurs bleues aux cœurs de feu. Des fleurs magiques. Des fleurs pour un sorcier. Pour un sorcier mort depuis longtemps déjà. Depuis la moitié d’une vie. L’homme s’agenouilla devant la tombe pour disposer les fleurs étranges dans un vase. Du bout  des doigts il effleura le marbre gris. Le marbre gravé de lettres d’or. Un nom et deux dates.

                                                          « Cedric  Alexander  Diggory

                                                                      1977 -1995 »

 

-Bonjour Cedric, comment vas-tu ? Je sais c’est idiot de te poser cette question. Ca fait quinze ans que je te la pose et tu ne me réponds jamais. Tu ne peux pas répondre, tu ne me répondras plus jamais. Je ne sais même pas pourquoi je viens encore après tout ce temps ? J’ai l’air malin à parler tout seul dans un cimetière en pleine après midi.

Seul le chant des  oiseaux lui répondit. Le cimetière était beau, boisé mais cela restait le séjour des morts. Le vent le décoiffa un peu plus encore.il passa une main impatiente dans sa tignasse brune et rebelle.

-Cette année a été dure, tu sais. Je n’ai  pas arrêté de voyager partout pour promouvoir cette foutue coopération magique internationale. Mais c’est bien ce qu’on attend de moi. J’ai toujours fait ce qu’on attendait de moi. Comme ça tout le monde est content.

Dans le cadre entouré d’angelots  ridicules, Cedric lui souriait doucement. Dix huit ans pour l’éternité. Un éternel et juvénile sourire. Une promesse jamais tenue.

-Si seulement tu pouvais arrêter de sourire comme ça. C’est avec ton sourire que tout a commencé entre nous. Ton satané sourire…..

 

……. Il était encore sonné de sa rencontre avec les détraqueurs. Dumbledore était furieux de l’intrusion de ces choses pendant le match. En prime ils avaient perdu. Tous ses amis étaient venus le voir pour prendre de ses nouvelles. Il ruminait tout seul à l’infirmerie.

-Salut Harry, tu vas bien ? J’ai eu une de ses peurs en te voyant tomber de ton balai, commença Cedric Diggory , planté devant son lit.

-T’inquiètes pas , ça va aller.

-C ‘est bien alors, bon ben je vais te laisser te reposer, murmura le Poufsouffle en lui laissant en souvenir un irrésistible sourire. Un sourire qui racontait l’été, un sourire qui réchauffait tout le corps……

 

L’homme déplaça un peu le vase pour s’asseoir sur le marbre de la tombe et se rapprocher de la photo encadrée.

-C’était la première fois qu’on se parlait. Une conversation tellement intense qu’il aurait fallu l’inscrire dans les annales de la banalité. Tu avais ce foutu sourire qui vous retourne les tripes . Et j’étais bien retourné même s’il m’a fallu attendre un peu pour le comprendre……

 

……. Il était de retour dans cette sale baraque, chez les Dursley. Il était furieux, contre Snape qui n’avait pas voulu dire la vérité, contre Dumbledore pour l’avoir laissé croupir encore un été dans sa maudite famille, contre Sirius qui était parti sans lui, contre Ron et Hermione qui devaient s’amuser sans lui, contre la terre entière pour tout dire. Il faisait chaud en ce mois de juillet et il ne pouvait même pas ouvrir sa fenêtre, sinon son oncle piquerait encore une de ses crises homériques conte lui, contre ce qu’il était, contre Hedwige. Il ôta son pyjama et se recoucha dans les draps trop moites. Le tissu collait à sa peau de façon désagréable et il n’arrivait pas à dormir. Alors pour se faire dormir il commença à se caresser, en fermant les yeux pour se remémorer les images qu’il avait vu dans un magazine que Ron avait volé à ses frères. Toutes ces accortes donzelles aux charmes opulents et étalés sur papier glacé, prêtes à tout pour lui faire plaisir. Lentement le plaisir montait et les pin up aux cuisses largement écartées se dissolvaient, remplacées par un sourire plaqué sur des lèvres rouges et pulpeuses. Un sourire qui devenait de plus en plus équivoque. Lentement Cedric mordillait sa lèvre inférieure en le regardant. Cedric le regardait pendant qu’il se faisait plaisir. Sa main accélérait et ses hanches se soulevaient en rythme. De plus en plus vite, de plus en plus proche, jusqu’à…ses doigts enfoncés dans la bouche pour étouffer son cri, son corps apaisé et ce foutu sourire qui l’avait suivi dans ses rêves…..

 

….Un pas sur le gravier le tira de sa rêverie. Une vieille femme passa devant lui sans même faire attention . Il la regarda s’éloigner derrière un bosquet  épais de thuyas bien taillés, tenant dans sa main parcheminée un arrosoir en fer.

-Pour les fleurs, pas besoin d’eau, je leurs ai jeté un sort. Elles resteront fraîches jusqu’à la prochaine fois. Je ne me souviens jamais de leur nom, je les  appelle les fleurs de lit. Tu te souviens, cette nuit là tu en avais répandu partout sur ton lit, sur notre lit. J’avais peur, tu sais et pourtant je  trouvais ça parfaitement normal. Cela n’avait rien de sale ou d’étrange. C’était le chemin normal, non ? Les baisers….

 

…….Il avait l’air malin à se balader son œuf. Ce gros truc doré qui hurlait dès qu’il essayait de l’ouvrir. Il se demandait vraiment qui avait bien pu mettre son nom dans la coupe. Quoi qu’en dise Snape, il ne voulait pas faire ce stupide concours. Il n’avait vraiment pas envie de se suicider, il avait déjà Voldemort comme problème. Le genre de problème qui ne nécessite pas un supplément. Il sentait bien que Fol Œil voulait lui donner un coup demain mais ça n’aurait pas été juste pour les autres . Enfin Krum et la française, il s’en moquait mais pas  Cedric. Il voulait voir gagner Cedric, voir gagner son champion. Perdu dans ses pensées, il lui fonça dessus.

-Oh pardon, je… Cedric…

-Salut Harry.Ca tombe bien, je voulais te parler…

-Qu’est-ce que tu veux ? Je …Je voulais te dire que je n’ai rien trafiqué du tout, je ne voulais pas  participer au tournoi. C’est toi le champion, pas moi. c’est pour ça que je t’ai prévenu pour les dragons….

Il bafouillait lamentablement. Il était beau le champion, complètement crétin. Cedric posa sa main sur son bras.

-OK Harry et je n’ai pas eu le temps de te remercier pour l’info. Alors pour l’œuf, je te conseille d’aller prendre un bain avec lui et d’écouter sa chanson sous l’eau, répondit Cedric.

Il n’avait pas lâcher son bras et le visage du poufsouffle se rapprochait dangereusement. Il sut ce qui allait se passer. Les lèvres de Cedric se collèrent aux siennes pour un baiser bien trop rapide à son gout. Des lèvres un peu molles, gonflées naturellement. Un échantillon du paradis.

-…Hum, excuses-moi, je….

Il ne le laissa pas finir et s’accrocha à ses lèvres si attirantes pour un baiser fougueux mais incroyablement maladroit. Délicieusement maladroit. Son tout premier baiser….

 

……..La femme repassa dans l’autre sens toujours avec son arrosoir et un sac de papier contenant des fleurs mortes. Elle marchait à petits pas lents et épuisés. Il se dit que bientôt elle resterait à demeure dans  ce drôle de jardin ensoleillé.

-J’ai croisé Cho, ce matin au ministère. Cette idiote continue de raconter partout que c’est elle qui m’a donné mon premier baiser, j’ai du faire promettre à Luna de ne pas la contredire en public. Heureusement qu’elle est là, tu sais. Elle est fantastique, dans tous les  sens du terme. Elle est comme toi, c’est un ange, ma  petite folle adorable. Elle sait pour nous. Elle sait tout, c’est terrifiant parfois.

Il envoya un caillou rouler dans l’allée du bout de son pied botté. Le soleil était au zénith à présent. Il commençait à faire vraiment chaud. Il se releva pour ôter sa cape, qu’il plia pour la poser à côté de lui.

-Elle si douce et si gentille. Toi aussi tu as été si doux et si gentil……

 

…….Il avait réussi à atteindre la salle de bain des préfets sans se faire pincer par ce qui rodait dans les couloirs. Il avait entendu la chanson de l’œuf et eu une conversation palpitante avec la voyeuse perverse et fantomatique. Il n’avait plus qu’à retourner dans son dortoir.

-Alors, tu as entendu la chanson ?

De surprise, il tomba dans le bassin et avala une grande rasade d’eau mousseuse et parfumée. Dégoutant. Il recracha le liquide sous le rire de Cedric qui l’avait rejoint près du bord.

-Keu…keu..qu’est-ce que tu fais là ? répondit-il en recrachant la mousse rose.

-Je viens me laver. C’est ma salle de bain après tout. Je peux me joindre à toi ? demanda le jeune homme aux cheveux châtains en commençant à se dévêtir.

Il rougit un peu, impatient de savoir ce qui allait se passer.

-Oui…oui.

Il le regarda plonger dans le bassin. Un corps superbe, délié mais puissant. Des épaules rondes un peu féminines mais un torse visiblement masculin couvert d’un fin duvet doré. Une flèche châtaigne qui indiquait une direction troublante, suivant son chemin sur un venter plat et musclé, des cuisses un peu fortes et un sexe qu’il n’osait pas regarder.

Il baissa pudiquement les yeux devant se garçon qui venait vers lui, ruisselant d’eau, comme un jeune dieu surgit de la mer. Une divinité qui lui tendit la main.une délicieuse invitation.

-N’ai pas peur, Harry, je ne te ferais rien que tu ne veuilles.

S’il savait tout ce qu’il voulait à cet instant. Il prit la main tendue et se retrouva dans ses bras. Sa bouche capturée pour un baiser exigeant, brûlant. Son sang semblait couler plus vite, se déplaçant dan ses veines au rythme des caresses des mains de Cedric. Des mains qui l’apprenait par corps et par cœur. Ses mains douces qui le caressaient partout, qui mettaient le feu à sa peau, à ses nerfs, à son cerveau.

Puis il y eut sa bouche. Sur son visage, son cou, sur son corps, sa bouche qui descendait toujours plus bas. Si bas. Là où il était dur, là où il avait mal. La bouche qui guérissait, qui torturait aussi. Il cria en se répandant pour la première fois dans un autre corps que le sien. C’était incroyable. Et ce n’était pas fini. La bouche remontait à présent pour retrouver la sienne. Pour un baiser au goût si particulier, encore inconnu. Il ne sut que dire merci.

-C’était un plaisir….

-Et toi ?

-Caresse-moi, Harry. Touche-moi , lui répondit une voix rauque dans le creux de l’oreille.

Alors, il toucha pour la première fois une autre peau de cette façon unique et intime. Il caressa de ses mains, de sa bouche et de sa langue. Il toucha la chair soyeuse de la verge. Il sentit son poids dans sa main, son impatience. Il la goûta d’une langue timide et d’une bouche malhabile jusqu’à la jouissance de l’autre garçon  se répandant contre son ventre, alors que lui aussi jouissait encore une fois…..

 

…… Il n’avait toujours pas oublié cette nuit là, même quinze ans plus tard, il y pensait encore parfois. Le premier amour est toujours important, il est même vital et quand il est aussi parfait que le fut le sien, ça n’avait pas d e prix. Même s’ils avaient du se cacher.

-Tu sais ce que je regrette vraiment ?  De ne pas t’avoir accompagné au bal. J’aurais voulu entrer dans cette salle à ton bras. J’aurais voulu  être avec toi ce soir-là. Ce n’était pas ta place que je voulais comme le croyait Ron, c’était celle de Cho.  Tu étais si beau avec elle à ton bras, je me sentais tellement ridicule avec Parvati accroché au mien. Mais  je ne regrette pas de lui avoir laisser les danses et d’avoir eu ta nuit, notre nuit….

 

……..Il essayait d’être discret après sa ballade nocturne avec Ron. Snape était un ancien mangemort et Karakaroff aussi. Deux serviteurs de Voldemort dans l’école, que du bonheur ! Il en était sûr, c’était ce damné Igor qui avait mis son nom dans la coupe quand il avait escorté son petit Victor. Quelle soirée pourrie. Quelle catastrophe allait encore lui tomber dessus ? Au détour d’un couloir, il vit Cedric avec Cho. Il était maudit.

-Tu ne veux pas venir dans ma salle commune, Cedric ? Il n’y a personne à cette heure…minaudait la brune.

-Non, Cho…je vais te laisser, ce ne serait pas bien. Tu n’es pas ce genre de fille, n’est-ce pas ?

Cho rougit sous le compliment et se pendit au cou de Cedric pour le remercier ou le faire changer d’avis. Il bouillait intérieurement. Elle allait le lâcher, oui ou non ? Finalement, Cedric la repoussa gentiment et la planta là. Alors il s’avança dans la lumière.

-Bonsoir Cho, murmura-t-il en passant devant elle alors que Cedric s’était arrêté en entendant sa voix.

-Bonsoir Harry, si tu cherches Parvati, elle est en bas des escaliers avec sa sœur, répondit la brune.

-Merci Cho, bonne nuit.

Il poursuivit son chemin pour arriver à la hauteur de Diggory.

-Bonsoir Cedric, tu es un vrai gentleman, Cho a bien de la chance., grinça-t-il.

-Non, Cho n’a pas de chance. Elle croit que je l’aime et ce n’est pas vrai.

-Et qui aimes-tu ? demanda-t-il dans un souffle.

La réponse de Cedric se perdit dans sa bouche. Il l’avait plaqué dans un recoin sombre , derrière une tenture de soie bleue. La langue de Cedric visitait sa bouche en propriétaire qui vient passer une inspection.

-Toi…Viens avec moi, je voudrais…

-Pas ici, répondit Harry à voix basse.

-Suis-moi, conclut-il en lui prenant la main.

Ils coururent aussi discrètement que possible dans les couloirs déserts, s’arrêtant tous les dix mètres pour s’embrasser à pleine bouche. Finalement, ils se retrouvèrent devant une petite porte de bois clair dans le couloir des poufsouffles. Cedric murmura le mot de passe pour entrer dans sa chambre de préfet en chef.

Harry ne voyait pas la décoration, l’esprit focalisé sur le baldaquin aux rideaux jaunes et noirs. Derrière lui Cedric murmura un sort et des centaines de fleurs bleues au cœur de feu tombèrent du plafond, sur le sol ,les meubles, le lit en traversant les tentures de velours.

Le propriétaire des lieux se colla contre son dos. Son souffle chaud dans son cou, son torse contre lui et son désir dur contre ses fesses. Il se retourna et se perdit dan son sourire, dan ses yeux, dan sa bouche.

-Tu aimes ? murmura Cedric contre ses lèvres.

-Oui, oh, oui…répondit-il se perdant contre le corps du champion.

Son champion qui le mena vers son lit, lui ôtant en chemin ses vêtements, se laissant dévêtir par ses doigts impatients. Une fois sur le lit, envahi par l’odeur de ces fleurs étranges, il sut que cette nuit serait sa première nuit. Il garda les yeux grands ouverts pour bien voir, pour tout voir, pour être sûr de se souvenir comme si une part de lui savait, présentait les catastrophes à venir.

Cedric fut tendre, doux, prévenant. Il s’attendait à la douleur. Elle fut si fugace, si brève, si noyée dans le plaisir. Ils bougèrent ensemble sur le grand lit de fleurs. Toutes ces fleurs………

 

……..Harry jouait avec un pétale indigo. Ces fleurs dans son esprit seraient toujours liées à Cedric, à leur nuit, leur seule nuit d’amour. Ils ne savaient pas alors, au petit matin, en se séparant et se promettant de se revoir pendant les vacances, dès que le tournoi serait fini, loin des yeux fouineurs de Rita Skeeter, loin de l’école.

-On s’était tant promis, Cedric. Sans ma bêtise, mon sens de l’honneur idiot, ce romantisme à deux noises, tu serais toujours là. Est-ce qu’ on aurait fait un bout de chemin ensemble, je ne sais pas . mais au moins tu serais en vie et je ne serais pas en train de parler tout seul, termina-t-il en se relevant.

Il reprit sa cape, la jeta sur ses épaules, face à la tombe, il laissa rouler une larme sur sa joue. Une unique larme et il sut en ne pouvant la retenir que l’année prochaine, il serait au rendez-vous. Le soleil de l’après-midi exacerbait l’odeur des fleurs, l’odeur de son innocence envolée.

Fin.


LJ de Lulucyfair - Laisser un commentaire à Lulucyfair