Fandom : NCIS
Auteur : RedAnneFlint
Rating : PG
Les aventures sans fin
de L.J. Tibbs
par Tim McGee
En
cette fin des années 40, la vie
reprenait ses droits sur la survie. La paix était signée depuis 4 ans, même si
le souffre sentait toujours du côté de la Corée. Malgré cela les bas fonds de
la capitale étreignaient encore le meurtre et la corruption à leur guise. Et à
part quelques incorruptibles, cette ville dans la ville était un théâtre
indépendant, avec ses propres règles et
son code de vie.
C'est
dans ce contexte que l'inspecteur Leroy Jethro Tibbs menait sa barque et son
équipe. Il connaissait parfaitement les règles de ce monde à part. Il avait ses
indics, qu'il protégeait, ses fournisseurs d'indice ou d'arme quand ses
supérieurs faisaient leur grimace officielle et bien sûr, le plus étendu réseau
d'amantes du quartier. Tibbs était respecté de tous, bon ou mauvais côté. Il
avait du flair et était tenace.
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L'automne
était pluvieux, et ce jour-ci particulièrement. Tibbs faisait toujours le même
parcours. Tous les jours. Il traversait le hall d'entrée avec un signe de sa
main libre pour Manson, le gardien, l'autre étant occupée à tenir son 3 ou 4ème
café de la journée. Il avançait le long du couloir au delà de la porte dont
l'insigne annonçait "défense d'entrer", semait ses bonjours
taciturnes aux collègues des stups, lançait quelques regards aux secrétaires au
milieu des bruits de machine à écrire pour finalement passer la porte du fond,
derrière laquelle s'étendait son monde : la "Brigade spéciale".
Son
premier lieutenant sous ses ordres se prénommait Tony Giordano, italien dans le
nom et dans toute sa splendeur : tête brûlée, sûr de lui et dragueur,
évidemment. Son second, dernier arrivé à la brigade, s'appelait Tom McGeare. Un
mec bien, intelligent, respectueux, observateur mais parfois réservé. Et aussi
un peu malmené par son co-équipier.
Eux
c'étaient les hommes de terrain. L'équipe était complétée par le docteur Donald
Garratt. Un anglais très respectable. Il exerçait depuis un moment et son expérience
ainsi que l'étendue de son savoir valaient toutes les encyclopédies du monde,
même s'il avait parfois tendance à lasser son auditoire quand il s'embarquait
dans ses annales. Mais surtout il savait parler aux morts... qui lui rendaient
bien. Il était assisté par Palmet, un gars sympa.
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Ce
jour là, la première affaire de meurtre depuis un moment, soit 2 jours...
presque un record, tomba sur le bureau de Tibbs. Un homme avait été retrouvé
dans une rue de la basse ville, assassiné par arme à feu. Moins d'une demi
heure plus tard toute l'équipe se retrouvait sur les lieux du crime. Tibbs
fumait sa cigarette en attendant les 5 minutes que le doc lui avait imposé pour
réclamer les premières conclusions.
"Tibbs :
Alors?
Garratt : Ha Tibbs, ton impatience te perdra. Cette
fichue pluie a bien nettoyé la scène. Sur les 3 balles qu'il a reçu, 2 étaient
mortelles. La première était pour l'arrêter ou le faire souffrir : elle lui a
détruit le genou gauche.
Tibbs : Plus probablement pour le faire souffrir :
nous sommes dans une impasse, le type ne pouvait pas s'enfuir.
Garratt : Tu as raison, il ne fuyait pas : la balle a
été tirée de face.
Tibbs : Quand est -il mort?
Garratt : Je
dirais depuis 10 heures environ, soit vers 11 heures hier soir.
Tibbs : McGeare tu vas interroger les voisins, ils
n'auront probablement rien entendu, comme d'habitude, mais essaye quand même.
Giordano tu me fais des croquis de la scène."
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C'est
comme ça que commençaient toutes les enquêtes. Tibbs avait déjà ses idées en
tête et distribuait les rôles. Il était le metteur en scène. Il savait par quoi
commencer : le quartier était celui de miss Abigaëlle Stioto, dite Abby. Un
jeune femme de caractère, prodigieusement intelligente. Elle était le principal
indic de Tibbs qui la respectait beaucoup. Elle tenait un club de jazz dont
l'activité la plus lucrative se déroulait en sous sol. Les tournois de Poker
d'Abby étaient parmi les plus courus. Certains accros au jeu auraient tué pour
être invités. Abby tenait son monde en respect, elle savait magner les mots
comme son Smith et Wesson : avec habileté. C'était un joli brin de fille
toujours habillée de noir mais au sourire ravageur. Elle et Tibbs entretenaient
de bons rapports, presque paternels. Tout le monde savait qu'il ne fallait pas
toucher à un des cheveux d'Abby si on tenait à sa vie. Il veillait.
Il
passerait la voir dans la soirée, il devait lui laisser le temps de chasser le
ragot.
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A
peine le corps était-il disposé sur la table que l'autopsie commençait. Doc ne
perdait jamais de temps sur les enquêtes pour meurtre. Il savait que passés les
premiers jours, les indices s'effaçaient rapidement. Tout se jouait dans les
premières heures. Le docteur Garratt inspecta
son "client" avant de lui faire avouer ses secrets les plus
intimes. A commencer par son annulaire gauche tranché juste après la mort.
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Pendant
ce temps l'équipe d'inspecteurs se penchait sur l'identité de la victime. Il
n'avait pas ses papiers sur lui mais on saurait rapidement de qui il
s'agissait. Un disparu dans le quartier ça se remarquait vite. C'était un
maillon manquant dans un quelconque trafic de drogue, d'arme ou dans un réseau
de prostitution. McGeare avait dégoté un témoin. Tibbs l'avait donc fait venir
sur place pour l'interroger.
Un
art délicat dans lequel il excellait. On ne savait pas ce qu'il leur disait car
il travaillait seul, mais sans qu'aucun cri ou haussement de ton se soit fait
entendre, sans laisser de marque (ou rarement) il obtenait de la part des plus
retors un bavardage continu sur ce qu'il souhaitait. Y compris sur leurs
expériences personnelles les plus traumatisantes, qui servaient de moyen de
pression une fois le témoin ou le suspect fiché. Quand Tibbs vous interrogeait
une fois, il avait de quoi vous faire chanter tout le reste de votre vie.
Le
témoin logeait dans l'impasse. Il déclara avoir entendu un premier coup de feu suivi
de cris pendant quelques secondes, puis deux autres coups de feu rapprochés. Il
avait alors osé regarder par la fenêtre mais n'avait rien vu, la victime était restée plongée dans l'ombre de la
ruelle, le tueur avait probablement déjà fuit. Ce n'est que le lendemain qu'il
appela la police, une fois le corps exposé à la lumière de jour.
On su
dans la soirée que la victime s'appelait Brad Smith, un engagé dans la marine
nationale. Ses collègues s'étaient étonnés de ne pas le voir revenir à son
poste ce matin. Pas d'antécédent judiciaire : le mec était "vierge".
Il n'était pas du quartier, ni même de la ville. Qu'était il venu foutre dans
ce merdier? Giordano s'inquiétait déjà de devoir conclure sur un simple crime
pour dépouillage. On retrouvait rarement les auteurs de meurtre pour vol.
D'ailleurs les preuves étaient souvent trop maigres.
"Tibbs : Seulement là Giordano le vol
n'est pas le mobile.
Giordano : Comment vous savez ça patron? On n'a rien
retrouvé sur lui : ni argent, ni papier, ni montre ou autre bijou. On lui a
tout pris.
Tibbs :
McGeare?
McGeare : On
lui a tiré dans le genou et de face, si tu veux juste dépouiller quelqu’un tu
évites de le faire crier. .
Giordano : Oui
ils voulaient le faire souffrir... Ils ont peut être essayé de lui tirer des
renseignements. Mais qu'est-ce qu'un marin qui habite à 100 bornes de là
pouvait avoir comme information intéressante sur le quartier?
Tibbs : Bonne question Giordano. Tu vas aller rendre
visite au doc pour savoir ce qu'il a trouvé et tu me rejoints chez Abby.
McGeare tu contactes sa base pour avoir plus d'infos sur lui.
McGeare : OK patron.
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Et
les déclarations étant toujours suivies des faits chez Tibbs, on le retrouva
rapidement devant la façade du "black Pocket". Abby le reçu avec le
sourire aux lèvres :
"Abby : Je sais ce que tu viens
chercher...
Tibbs : Je sais que tu le sais. Alors qu'as tu
récolté?
Abby : Tibbs! Ca c'est bien toi droit au but! Tu ne
me laissera donc jamais savourer ces instants où j'aime entretenir le mystère?
Tibbs : Désolé, mais j'en supporte assez avec les
monologues de Ducky.
Abby : Bon je suppose que tu as l'identité du
macchabée... donc passons aux faits. Le lien que tu cherches avec la basse
ville est une danseuse du cabaret le "green rabbit" : Kate Podd. Je
ne suis pas sûre de leur relation exacte mais le mec de Kate lui était persuadé
de savoir.
Tibbs : Et qui est le mec de Kate?
Abby : Devine!
Tibbs : le patron du cabaret.
Abby : Bien Tibbs! J'admire toujours tes facultés de
déduction
Tibbs : merci. Tu sais comment il s'appelle?
Abby : Disons plutôt que je sais comment on
l'appelle : "Bill le requin". Amateur de chaire fraîche et de cigare
cubain, très, très possessif. Un sale caractère.
Tibbs : Tu es la meilleure.
Abby : Je sais mais ça fait du bien de l'entendre.
Sois prudent sa réputation a l'air fondée."
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Tony
avait rejoint Tibbs et ils se rendirent ensemble au "lapin vert" en
taxi, profitant de l'obscurité pour vérifier leurs armes sous le regard blasé
du conducteur. A croire qu'il voyait tous ses clients faire les même gestes.
L'ambiance du cabaret était surchauffée. Beaucoup d'hommes bavaient devant les
employées du troquet, provocantes à souhait dans leur uniforme sexy et assez
moulant pour constater plus que deviner.
Tibbs s'adressa à un client visiblement
habitué et après quelque mots se fit indiquer Kate parmi les danseuses. C'était
une femme splendide, la favorite sans aucun doute : elle était plus couverte
que les autres filles. Le patron faisait sentir qu'il était l'unique
propriétaire. Elle était sculpturale, des yeux de velours brun assortis à sa
longue chevelure. Tony repéra Bill facilement. Le mac était entouré de la
compagnie habituelle liée à sa profession : jolies femmes et hommes de mains,
revolver exposé en guise d'avertissement aux éventuels belligérants.
Leur
rôle, les inspecteurs le connaissait d'avance. Tibbs parlerait à la fille dans
un endroit tranquille, couverts par Giordano. La manœuvre dite
d'"isolation" fut discrète, la fille conduite dans un coin à l'abris
des regards et des oreilles. Kate compris rapidement que Tibbs n'était pas un
client venu l'admirer danser mais un flic. Les choses étant mises au point dès
le départ la conversation ne tourna pas longtemps autour du pot. Tibbs lui
annonça la découverte du corps. Elle était bouleversée.
Elle
admis, en pleurs, qu'ils avaient été amants pendant 2 ans mais il y avait 4
mois de cela. Elle avait cessé de le voir quand Bill, son nouveau patron, lui
fit comprendre qu'il ne partageait pas. Le requin tenait à elle et la voulait
pour lui seul.
"Tibbs :
Des menaces?
Kate : A l'époque oui. De mort pour lui, de je ne
sais quelle punition tordue pour moi."
Elle
reprenait vite ses esprits. Elle avait reçu une lettre de Smith il y a 10 jours
lui annonçant qu'il voulait la voir. Il n'était pas venu au rendez vous fixé à
23 heures la veille. Forcément il se faisait tuer.
"Tibbs : Où aviez vous rendez
vous?
Kate : Au... au parc. Il est fermé la nuit, nous
avions rendez-vous devant l'entrée."
D'après
elle c'était le requin le tueur ou au moins le commanditaire.
"Kate : Il a du apprendre qu'il était en
ville pour me rencontrer, il a des personnes redevables et très bien informées
à chaque coin de rue.
Tibbs : Pourquoi n'a t-il pas attendu de savoir si
vous aviez l'intention de le revoir.
Kate : Peut être s'en doutait il mais il ne veut
pas le savoir, surtout pas le voir. Il m'empêche de commettre l'irréparable à
ses yeux. Il serait obligé de me tuer si je lui étais infidèle mais il ne le
veut pas... pas encore... La vie avec
Bill est loin d'être un compte de fée. Si vous avez besoin de mon aide, je suis
volontaire. Pour venger Brad."
L'entretien
était édifiant et en sortant du cabaret bondé les premiers mots de Tony à
l'adresse de Tibbs furent : "on a notre tueur".
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Il
était l'heure du bilan au quartier général. Smith avait été descendu il y a
plus de 24 heures. McGeare fit son rapport, évoquant une relation passionnée
entre Podd et Smith, constatée par les camarades du marin. Ils s'engueulaient
souvent et se réconciliaient sur l'oreiller. Smith parlait peu de sa relation
avec elle. Les militaires rencontrés par Tom ne savaient même pas qu'ils
étaient séparés depuis 4 mois. Mais ils savaient qu'il devait venir dans la
ville hier soir pour un rendez-vous.
Pour
la suite de l'histoire les spéculations tendaient, de l'avis de tous et aux
vues des éléments en leur possession, vers la culpabilité du requin cupide. Il
montèrent donc leur plan pour coincer l'homme avec la complicité de Podd.
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Et
c'est le lendemain soir que le plan s'appliqua. Abby avait fait la liaison avec
Kate et elles avaient même sympathisé semble t-il.
Leur
plan se déroulait à merveille. Kate jouait très bien son nouveau rôle.
Gioradano n'avait pas besoin de faire semblant de la draguer, c'était dans son
sang. Le patron du cabaret s'affolait rapidement à mesure que ces deux là se
rapprochaient. Tony n'eut pas le temps de passer à sa rubrique post-baratinage
qu'il était entraîné dehors avec Kate par 2 molosses de garde.
Un
fois dans la cour arrière tout se passa très vite.
"Bill : Tu ne t'approches plus d'elle.
Compris?
Tony : Ho calme toi, elle est chasse gardée?
Bill : Elle est à moi.
Kate : Ca ne vous ennuierait pas de prendre en
compte ma présence? Elle restait de marbre malgré le danger. Elle s'allumait
une cigarette.
Bill : Si je te recroise à moins de 10 mètres
d'elle je peux te promettre qu'on ne retrouvera guère plus que ça de toi!"
Il
lui montrait un doigt tranché qu'il avait retiré de sa veste.
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L'affaire
avait été bouclée rapidement. Le coupable était mort, puni par un autre et pour
un tout autre motif : dette et chantage, de l'avis d'Abby. Quelques semaines
plus tard Kate vint chercher Tibbs à la sortie du boulot. Ils entretenaient une
liaison depuis cette histoire. Le patron avait toujours séduit les plus belles
femmes.
Kate
se félicitait de sa vie aujourd'hui. Elle était libre, sortait avec un bel
homme qui la comblait et surtout personne n'avait découvert que c'était elle
qui avait tué le quartier maître Smith.
C'est
elle qui lui avait donné rendez-vous le soir de sa mort, et elle qui avait tiré
avec l'arme de son boss. Quatre mois après la "séparation" qu'il
avait imposé, elle avait appris qu'une fille de la base militaire était
enceinte de Brad... de plus de 6 mois. Il l'avait trompée. Entre deux il avait
aussi laissé tombé la pauvre fille. C'est lui qui l'avait fait embaucher au
"green rabbit", pour se débarrasser d'elle et empocher la prime. Il
prétendait que c'était une boîte qui allait la propulser dans le monde de la
danse, sa passion. Ce fut un enfer, bien qu'elle ait échappé à la prostitution
contrairement à la plupart des autres filles : elle avait obtenu immédiatement
le statut de favorite. Smith avait imposé la rupture après l'avoir vendue au
requin, prétextant avoir reçu des menaces de mort à son encontre s'ils
restaient ensemble. Un beau lâche oui!
Elle
l'avait fait venir sous un prétexte bidon. Elle voulait seulement l'effrayer et
lui faire comprendre qu'une femme a le goût de la vengeance mais la balle était
partie. Elle l'avait touché au genou. Il s'était mis à hurler comme un goret, c'est dans la panique et sans
réfléchir qu'elle avait tiré dans la poitrine, pour le faire taire. Réalisant
ce qu'elle venait de faire elle eu la présence d'esprit de tenter de faire
passer ça pour un meurtre signé de son patron. Elle connaissait ses habitudes :
Bill prélevait toujours un doigt à ses victimes, qu'il exposait quand il
voulait impressionner ou mettre en garde un ennemi. Au bord de la nausée elle
avait donc coupé l'annulaire gauche, si symbolique, de son ancien amant.
Ce
que Kate ignorait c'est que Tibbs savait tout cela. Abby lui avait parlé de la
manière dont Kate était arrivée au cabaret. Il savait qu'elle avait menti quand
il l'avait interrogé sur le lieu du rendez vous. De plus le doigt que Bill
avait exposé ce soir là était un index et non l'annulaire manquant à Smith.
D'ailleurs Bill prélevait toujours l'index à ses victimes. Mais peu importe.
Tibbs avait appris que Brad n'était pas vraiment un gentleman, hors lui ne
supportait pas qu'on se conduise mal avec les femmes... surtout si elles
étaient aussi attirantes que Kate.
Et
puis il aimait les femmes de caractère.