Auteur: Mona May56
Fandom: Harry Potter
Souhait: Les jumeaux Weasley dans l'esprit de Noël
Rating: PG 13
Fic Sans Titre
par Mona May
Molly Weasley regardait avec hébétude et consternation
les restes fumants de ce qui avait été le magnifique
sapin de noël de plus de deux mètres qu’elle avait
passé tout un dimanche à décorer avec sa petite
famille.
Merlin soit loué, ils avaient réussi à
éteindre le feu avant que celui-ci ne se propage à toute
la maison, mais l’arbre était définitivement perdu.
- C’est bon, rien n’a été
endommagé. A part le sapin bien sûr. Et il faudra un peu
nettoyer le plafond mais la suie devrait partir facilement
chérie.
Elle sentit la main d’Arthur se poser sur son bras doucement et
ce simple geste d’affection déclencha en elle une
réaction en chaîne d’une proportion qu’elle
n’aurait jamais pu imaginer auparavant. Son regard se
détacha du tas de bois calciné et de la boue
noirâtre, mélange de cendre et d'eau, pour se poser sur le
visage recouvert de suie de l'homme dont elle était amoureuse
depuis bientôt vingt ans.
Elle entendait vaguement en bruit de fond les pleurs de Ron, qui se
demandait si le père Noël allait passer maintenant que sa
chaussette était réduite à néant, et les
gloussements de la petite Ginny qui, du haut de ses cinq ans, avait
décidé qu'elle deviendrait pompier quand elle serait
grande. Molly pouvait sentir les regards gênés et
apitoyés de ses voisins et amis qui avaient accouru pour les
aider quand ils avaient entraperçu la fumée.
La colère qui la saisit à cet instant précis la
surpris par son intensité. Elle se tourna comme une furie vers
la cause de tous ses maux. Les jumeaux tournaient vers elle leurs deux
visages identiques, maculés de suie, et leurs yeux bruns
brillaient d'une lueur d'innocence qu'elle savait être
complètement fausse. Elle n'était pas loin de croire que
ses enfants avaient été remplacés au berceau et
qu'elle avait hérité de l'engeance de Salazar Serpentard.
- Vous deux! Dans votre chambre, immédiatement! Nous allons avoir une petite conversation.
Les deux garnements déglutirent difficilement en entendant son
ton lugubre et filèrent sans argumenter ni demander leur reste.
Molly se demanda si elle survivrait les prochaines années sans faire de séjour à Azkaban.
**** * ****
Onze ans et environ un millier de petites conversations plus tard,
Molly aurait tout donné pour retourner au temps béni
où son unique soucis était de savoir ce que les jumeaux
manigançaient dans son dos. Aujourd'hui, sa vie semblait
s'être transformée en un cauchemar dont elle ne parvenait
pas à se réveiller.
Debout sur un escabeau, elle plaça l'étoile scintillante
au sommet du sapin de noël, puis descendit et recula pour
apprécier son travail. Cette année, seuls Ginny et Bill
l'avaient aidé pour essayer de décorer la lugubre et
ancestrale maison des Black. Contrairement aux années
précédentes, ils n'avaient pas eu le choix quant au lieu
où ils passeraient les fêtes. Le Terrier avait
été incendié deux semaines plus tôt lors
d'une attaque surprise des Mangemorts dont ils s'étaient
heureusement tous sortis indemnes.
Depuis, elle essayait de faire en sorte que les choses soient le plus
ordinaires possible, comme si c'était un Noël comme tous
les autres. Elle luttait pour faire oublier cette horrible guerre aux
enfants, même si ce n'était que pour quelques heures.
Jusqu'ici, elle était douloureusement consciente d'avoir
échoué, mais elle faisait de son mieux et estimait
qu'avec un peu de bonne volonté et une bonne dinde farcie, ce
serait presque comme avant.
Elle essayait de ne pas penser aux yeux épuisés et
vieillis de ses enfants, aux cicatrices profondes qui marquaient le
visage de Bill et au fait que la Fred ne se joindrait sans doute pas
à eux pour le repas de Noël parce qu'il se remettait encore
des blessures qu'il avait ramené d'une mission de secours ayant
mal tourné.
- Vous avez fini les décorations? fit la voix un peu
hésitante de la mère d'Hermione depuis le seuil de la
porte. La dinde est prête mais je ne sais pas comment faire pour
la sortir du four sans gants.
Molly se tourna vers elle et lui sourit. C'était la
première fois qu'elle dînait avec des moldus et en temps
normal Arthur serait fou de joie de pouvoir les interroger tout son
saoul. Mais pas en ce moment.
- J'arrive tout de suite.
Elles se dirigèrent vers la cuisine ensemble et y trouvèrent Charlie qui s'occupait de mettre la table.
Molly allait appeler tout son petit monde pour venir manger quand une
série d'explosions à l'extérieur la fit sursauter.
Persuadée que c'était une nouvelle attaque, elle
courut vers les escaliers menant à l'étage pour
prévenir les enfant et s'assurer qu'ils seraient tous
évacués sains et saufs.
Elle fut soulagée et surprise de voir Harry, Ginny, Ron et
Hermione descendre les marches quatre à quatre en hurlant:
- Venez tous dehors, il se passe quelque chose! Vite! Vite!
Ils se précipitèrent vers la porte d'entrée, ne
prêtant pas la plus petite attention au portrait de la
mère de Sirius qui s'était mis à beugler
dès qu'elle avait entendu leurs cris. Molly les suivit à
l'extérieur et ne compris pas vraiment pourquoi ils
s'étaient immobilisés au beau milieu de la rue, le visage
levé vers le ciel.
Elle leva les yeux dans cette direction et son souffle se coupa dans sa
poitrine. Au beau milieu du ciel sans nuage, à peine
éclairé par une lune très pâle, il n'y avait
pas comme elle l'avait craint la Marque des Ténèbres. A
sa place, un immense phénix fait d'étincelles orange,
rouges et ors étendait ses ailes gigantesques au dessus de
Londres, comme pour protéger la ville et ses habitants.
- C'est géant! Wou-hou! s'exclama Ron d'une voix qui raisonna dans la rue comme un coup de tonnerre.
Cette simple remarque déclencha une avalanche de commentaires,
depuis les renchérissements de Ginny jusqu'aux remarques de
Hermione concernant la façon dont avait pu être fait le
phénix. D'autres personnes, des moldus en majorité,
étaient venus s'ajouter à leur petit groupe et admiraient
eux aussi le phénomène.
- C'est magnifique, souffla la mère d'Hermione.
Molly acquiesça silencieusement, les yeux toujours fixés
au ciel, son cœur à nouveau gonflé d'espoir. Elle
ne détourna les yeux du spectacle que lorsqu'elle entendit
derrière elle la voix de George qui disait:
- Doucement, fais gaffe. Faudrait pas que tu tombes ou alors maman va me tuer.
Elle se retourna et vit Fred, son bras passé autour des
épaules de George qui soutenait tout son poids, s'avancer vers
elle. Ils regardaient le ciel eux aussi avec un air de satisfaction
qu'elle ne connaissait que trop bien.
Elle serra les mâchoires et se dirigea vers eux en
fronçant les sourcils. Ils se rendirent compte de sa
présence et tournèrent à cet instant vers elle le
même regard de fausse innocence qu'ils avaient eu à huit
ans lorsqu'ils avaient failli mettre le feu à leur maison (puis
l'année suivante quand ils avaient inondé la cuisine,
puis l'année d'après quand ils avaient transformé
Ron en poulet, ainsi de suite...).
Elle s'arrêta devant ses deux fils, les mains sur les hanches,
puis se jeta sur eux, les pris dans ses bras et les embrassa chacun sur
la joue, les larmes aux yeux.
Elle aurait voulu que cette nuit n'ait pas de fin.