Fandom: Harry Potter
Pairing: Snape/Harry
Demande : un Snape/Harry angst
Nb de mots: 948
Fic Sans titre
par VilyaJade
Six mois depuis la mort de
Dumbledore. Quatre depuis qu’Harry avait laissé ses amis,
sa famille de cœur derrière lui. Depuis qu’il
était parti à la recherche des horcruxes.
D’après Dumbledore, il y avait à la base 6
horcruxes. Quand il avait commencé sa chasse, deux avaient
déjà été détruits et un autre, le
médaillon de Slytherin, avait été volé.
Il avait réussi à en détruire un
quatrième, un coffret ayant appartenu à Rowena Ravenclaw,
et s’approchait lentement mais sûrement du
cinquième, la coupe d’Helga Hufflepuff. Quant au
sixième et dernier, il savait exactement où il
était : près de Voldemort lui-même. Bizarrement,
quelque chose en lui répugnait à devoir tuer un serpent.
Il s’offrait à présent un peu de repos. Il
traînait au fond d’une taverne en Irlande, la capuche de sa
cape rabaissée sur son visage. De cette manière, personne
ne venait le déranger. Bien sûr, il aurait pu se
réfugier dans la chambre qu’il avait louée, juste
au-dessus de la salle commune. Mais ce soir, particulièrement ce
soir, où la grande majorité des gens étaient en
famille, il avait besoin de voir des gens vivre, être heureux. Il
s’était donc installé au fond de la salle,
près de la cheminée, pour remplir le journal où il
consignait tout ce qu’il observait et faisait du point de vue de
la guerre contre Voldemort. Hedwige était chez les Weasleys
où elle avait apporté un rapport sur ses activités
et quelques cadeaux de Noël.
Il ne leva pas la tête quand une haute silhouette sombre entra
dans le petit établissement. Pas plus que quand elle
s’approcha de lui et s’assit à sa table. Il savait
qui c’était depuis que l’homme avait
transplané. Et il savait que l’homme savait qu’il
savait. Le jeune homme préférait finir
d’écrire, avant tout autre chose. Car il sentait que cette
autre chose, quelle qu’elle soit, serait au bout du compte
douloureuse. Après tout, ils ne s’étaient pas vus
depuis six mois. Il referma son carnet et reposa sa plume avant de
finir son verre. Il daigna enfin planter son regard vert dans les
prunelles noires de son vis-à-vis.
« Snape.
-Potter.
-Je devrais te tuer.
-On passe au tutoiement, Potter ?
-Ni toi ni moi n’avons de raison de nous vouvoyer.
Qu’est-ce qui se passe ? L’arbre de Noël de Voldemort
n’est pas à ton goût ?
-Disons que je n’ai pas eu le cadeau que j’attendais…
-Pauvre Snape ! Tu t’y feras, ne t’inquiètes pas. »
Le jeune homme fit signe à la personne de leur apporter deux
verres de Whisky Pur Feu. Dès qu’il eut le sien en main,
Harry le leva.
« A ton Noël pourri !
-Parce que le tien est mieux ?
-Je n’attends qu’une chose : la mort de ton maître. Et je m’en approche, alors oui, le mien est mieux.
-Alors à ton Noël meilleur que le mien. »
Ils burent en silence un moment. Tant de non-dits et de haine les
séparaient. Pourtant, ils ne pouvaient s’empêcher de
se retrouver régulièrement. Le jeune homme avait eu du
mal à apprécier et accepter cette situation, qui avait
commencé au début de sa sixième année. Mais
peu à peu, même s’il savait qu’il ne devait
pas, il était tombé plus ou moins amoureux. Snape
l’était déjà apparemment avant. Pourquoi,
comment, il n’arrivait pas à le définir, et
d’ailleurs ne préférait pas. D’un commun
accord tacite, aucun d’entre eux ne parlait jamais de
l’autre et de ce qui le concernait.
Snape tendit la main et attrapa le carnet du jeune homme sans que
celui-ci ne fasse quoi que ce soit. Il l’ouvrit et ricana en
voyant qu’il n’y avait rien. Il aurait dû se douter
que Potter y penserait. Le jeune sorcier était plus intelligent
qu’il n’y paraissait, il lui fallait juste le bon
environnement pour le montrer. C’est ce qui lui avait plu chez
l’étudiant quand ils étaient à Poudlard,
cette intelligence latente.
Potter finit par se lever sous le regard insistant et cynique de Snape
et disparaître par l’étroit escalier menant à
l’étage. L’ancien professeur le suivit peu
après. Ils se rejoignirent devant la chambre du jeune sorcier et
l’homme le poussa à l’intérieur. A peine la
porte refermée, ils se jetèrent l’un sur
l’autre, se déshabillant rapidement. Ce qui suivit fut
à l’accoutumée, brutal, fort, brusque et bon
à la fois. Jamais ils n’avaient fait preuve de la moindre
tendresse l’un envers l’autre et ces moments-là
étaient les plus durs entre eux. La fatigue de la guerre les
rattrapa cependant rapidement et ils s’endormirent, les membres
encore emmêlés.
L’espoir du monde sorcier se réveilla le premier, quelques
heures plus tard. Il observa un moment l’homme qu’il aimait
bien qu’il s’en défende. Il avait l’air si
paisible, si doux, dans l’apaisement du sommeil. Il se releva
doucement et se rhabilla avant de préparer ses affaires. Une
fois prêt, il s’empara d’une fiole dans son sac et se
pencha vers Snape. Il l’embrassa une dernière fois et
versa le poison qu’il gardait précieusement depuis trois
mois maintenant entre les lèvres entrouvertes de son amant, qui
venait à peine d’ouvrir les yeux. Il eut l’air perdu
un instant mais il comprit rapidement au visage que faisait Harry
qu’il allait mourir.
Celui-ci lui caressa la joue. Son premier et dernier geste de
tendresse. Avec l’ultime marque de respect qu’il avait eu
en choisissant le poison pour tuer le maître des potions.
« Tu vois, Severus, je tiens mes promesses. Toujours. Et
j’avais juré de faire payer le meurtrier de Dumbledore,
qui qu’il soit. »
Il se releva et prit son sac avant de tourner le dos à Snape et
de sortir, le laissant se rendormir doucement, pour
l’éternité cette fois.