Fandom : Harry Potter
Pairing : Harry/Severus
Rating : PG
L'Etrange Noël de Monsieur Potter
par Adelin (Ajir)
Harry n’en revenait pas. Il avait beau être « Le
survivant », celui que Voldemort n’avait pas pu tuer, il se
demandait s’il allait lui survivre, à lui… Severus
Snape… Potions Master de Hogwarts… Oh il
commençait à avoir l’habitude des colles, avec lui.
Et évidement, plus ça allait, moins il avait de raisons
valables ! Mais cela ne semblait gêner personne, a part
lui-même, et donc, ce cher professeur continuait.
Et encore… Si ça avait été une colle
ordinaire, un jour ordinaire… Harry n’en aurait
sûrement pas eu grand-chose à cirer, et il aurait
laissé couler, comme à son habitude, mais
là…. Là !
Harry avait des envies de meurtre. Comment Snape pouvait-il oser le
coller, lui, pour qu’il nettoie tous, absolument tous, ses
chaudrons, le soir de la veille de Noël ! En plus, dans
l’arrière salle de son bureau, sombre et froide, et juste
séparée du reste de la pièce par un vieux rideau
tout miteux…
Le jeune garçon poussa un long soupir, et récupéra
son chiffon, qu’il avait laissé tomber quelques minutes
plus tôt, au début de sa pause. Puis, dans des mouvements
manifestement las, il recommença à lustrer les chaudrons.
Il était en train de se demander combien il avait pu en faire,
quand la voix grinçante du professeur le sortit de ses
pensées.
« Tu sais… »
Tiens, maintenant, il le tutoyait… C’était nouveau ça…
« Je sais que des fois, je ne suis pas toujours
très… démonstratif, avec toi… Je dois
sûrement te paraître froid, sans cœur… Tu dois
croire que je ne m’occupe pas de toi… »
Harry faillit répondre qu’il trouvait qu’il
s’occupait même un peu trop de lui, mais il n’osa pas
interrompre Snape, de peur de rallonger sa colle. Avec lui, il fallait
s’attendre à tout…
« Mais tu sais, je cache mes sentiments à la plupart des
gens que je connais, je n’ose pas les montrer, on s’est
trop moqué de moi quand j’étais jeune…
»
Potter ne voyait pas, mais alors vraiment pas où il voulait en
venir… Aussi, il se contenta de répondre un petit «
Hm hm » à peine audible.
N’en tenant pas compte, Severus continua dans sa lancée.
« Tu sais, je n’ai pas eu une vie facile, mais toi…
Depuis que tu es là, même si ça n’a pas
toujours été facile, j’ai l’impression que tu
as toujours été là pour moi…
Honnêtement, je ne sais pas ce que serais aujourd’hui, sans
toi… Il est des choses qui changent un homme… Tu en fait
partie… »
Ce fut au tour de l’aîné de soupirer.
« Tu sais… Nous sommes seuls, rien que toi et moi…
Alors… Il faut que je te dise quelque chose… Tu sais, au
fil du temps… Au fur et à mesure des aventures qui nous
sont arrivées… Je crois que j’ai
développé quelques sentiments à ton
égard… Mais pas n’importe quels sentiments…
Des sentiments plus forts que ceux qu’un professeur devrait
éprouver pour… Enfin tu vois ce que je veux dire…
»
Il marqua une pause, manifestement troublé.
Harry ne l’était pas moins ! Il devait rêver
là ! Snape était en train de lui faire une
déclaration ! S’il continuait, il allait bientôt lui
dire que s’il le collait autant de fois, c’était
juste pour pouvoir le voir, et non pas que ces chaudrons soient propres
! Ou Snape se moquait de lui, ou alors… Non, il ne pouvait pas y
avoir de ‘Ou alors’ ! Snape se moquait de lui, ça ne
pouvait être que ça ! Il allait dire quelque chose du
genre « Mais vous ne pouvez quand même pas être
sérieux ! » mais n’eut pas le temps : il avait de
nouveau repris la parole.
« Bon écoute… Maintenant, il faut que je te
l’avoue… Je crois que je suis en train de tomber
amoureux… De toi… Je sais, à mon âge, ce
n’est sans doute pas sérieux… Je veux dire…
Je ne suis plus un adolescent, mais… Tels sont mes sentiments,
et je crois que rien ne pourra les changer… »
Là, trop c’était trop !
Harry posa le chaudron par terre, son torchon dessus, et se leva, toujours caché derrière le rideau.
« Professeur, mais enfin, a quoi est-ce que ça rime tout ça, à la fin ? »
Snape se releva d’un bond, comme violemment surpris. Il tourna la
tête vers le rideau qui cachait le jeune homme, et lança
un regard noir à celui-ci.
« Potter… Qu’est-ce que vous faîtes encore
dans mon bureau à cette heure-ci ? » hurla-t-il
méchamment.
Harry, complètement décontenancé par la
différence entre ce discours et celui qu’il avait entendu
quelques minutes auparavant, sortit de l’arrière salle.
« Mais Professeur, je… »
« SORTEZ ! Immédiatement ! »
Harry n’eut pas besoin de le faire répéter. Immédiatement, il se dirigea vers la sortie.
Mais avant qu’il ne l’atteigne, Snape quitta son bureau, et attrapa Harry par la robe.
Il le plaque contre le mur, et le regarda droit dans les yeux.
« Si jamais, je dis bien jamais, vous parlez de ce que vous venez
d’entendre à quiconque… Même un brin
d’herbe ! Je vous promets, Potter, que vous allez vraiment, mais
vraiment, le regretter et croyez moi, je connais des méthodes de
torture que vous ne voulez vraiment pas découvrir… »
Harry ne put que hocher la tête rapidement.
Snape le lâcha, et le jeune homme inspira profondément. Il
recommença a se diriger vers la porte, mais piqué par sa
curiosité, juste avant d’ouvrir celle-ci, il se tourna
vers le bureau du Professeur…
Il crut d’abord qu’il était vide, mais en regardant
mieux… Il aperçut, posée sur celui-ci, une petite
marmite dorée.
Maintenant, il comprenait mieux… Ce n’était pas
à lui qu’il avait parlé pendant tout ce
temps…
Avant que Snape n’ait le temps de lui redire de sortir, ni
même d’en avoir l’idée, Harry quitta la
pièce, un grand sourire aux lèvres.