Fandom : Harry Potter
Pairing : SS/HG
Rating : PG
Disclaimers : Peut-être que demain...
Divergences
par Violette Silva
Les débuts (318 et 407)
Severus
Tout avait commencé sur un
malentendu. Miss Je-Sais-Tout était devenue coordinatrice entre
les différents espions de l’ordre, donnait les
informations nécessaires, redirigeait les notes de service pour
l’ordre.
Il ne pensait pas que la gratte-parchemin verrait une quelconque
tentative d’approche dans le fait de discuter de sa mission chez
lui. Il voulait juste se débarrasser de cette corvée au
plus vite, et pourquoi pas pendant l’action des potions et
onguents cicatrisants. La réputation de sadique de Voldemort
n’était pas usurpée. Au début de la 2nde
guerre, Severus avait hésité sur la destination de sa
loyauté.
Puis Dumbledore l’avait aidé, comme d’habitude. Le
Maître des potions n’avait jamais cru aux capacités
de Harry Potter à vaincre. Le héros des masses
populaires. Seul Dumbledore avait à son sens les moyens
magiques, politiques de faire quelque chose. C’était son
opinion jusqu’au jour où le vieil homme lui avait dit que
sa mort était l’alternative le moins pire. Une
armée dont le chef demande à mourir n’a aucun
avenir.
C’est ainsi qu’au lieu d’espionner les Mangemorts
pour le compte de l’Ordre du Phœnix, il espionna
l’Ordre pour les Mangemorts.
Il avait eu du mal à revenir auprès des Blancs
Chevaliers. C’était déjà Hermione qui
l’avait aidé. Il aurait pu comprendre à ce
moment-là que la jeune fille était attirée plus
par lui que par la justice. Il avait continué ses
activités aussi sereinement que possible. Jusqu’au jour
où e lecteur le plus assidu de Poudlard, avec lui, n’avait
organisé, structuré le renseignement.
Avec le recul, il s’était demandé pourquoi il ne
lui avait pas fait plus tôt les avances déguisées
qu’elle attendait. Sans vouloir reconnaître la
réponse.
Fréquenter une Sang de Bourbe assurait sa position dans
l’Ordre, et lui avait donné accès, sans
qu’elle le sache, à l’intégralité de
la documentation de l’Ordre.
En résumé, être l’amant d’Hermione
Granger lui avait facilité la vie, et donné les
ingrédients pour gagner la guerre.
Hermione
Quelque part, il l’avait toujours fait rêver. Depuis le 1er
cours qu’elle avait pris comme un défi. Madame Pince lui
avait dit un jour qu’elle était la seule étudiante
à lire et à travailler autant que lui. Cette
déclaration avait détruit des mois d’efforts de Ron
pour obtenir 2 heures de plus de son attention (de son attention, ? oui
!) par semaine.
Ron ! Le pur Gryffondor ! Elle avait eu de l’affection pour lui,
sincèrement, mais après les premiers mois de guerre, elle
savait qu’ils partageraient plus de l’amitié que de
l’amour.
Stratège, elle lui en avait parlé après avoir
recruté les Sœurs Patil. Qui amenèrent Lavande. Qui
consola Ron.
Après la mort de Dumbledore, elle avait repris l’Ordre
avec Minerva et Molly ( ?!), aussi semblables dans
l’efficacité que différentes de caractères.
Ses deux aînées avaient repris la direction,
recruté leurs connaissances, mené une propagande
discrète que Hermione ne pouvait pratiquer, étant enfant
de moldus. C’est ainsi qu’elle avait proposé de
concentrer les informations, préparer des fiches avec le minimum
à connaître pour les différentes missions de leurs
nouvelles recrues. Fiches qui s’autodétruisaient à
la première lecture, comme dans une célèbre
série moldue.
Son cœur avait bondi dans sa poitrine le soir où Minerva
lui parla de rédiger une note d’information à
partir de parchemins envoyés par Severus Snape. Toucher un objet
qu’il avait touché, lire de nouveau son écriture,
… Hermione marcha sur un petit nuage pendant deux jours entiers.
Que dire du soir où Severus l’invita à prendre la
notes chez lui ! Elle se félicita d’avoir
écouté les préceptes de sa mère («
habille-toi tous les matins comme si tu allais de déshabiller
dans la journée »). A un moment, il avait paru un peu
surpris, mais leur couple avait démarré ce soir là.
Fréquenter Severus Snape l’avait un moment
éloignée de ses amis, au début par secret, ensuite
par choc. Surtout Harry. Ron était en couple, heureux, et
passée la première surprise la félicita
d’avoir trouvé un concurrent en lecture. Lavande fut
soulagée de voir son ancienne rivale casée.
Entre son emploi officiel (des petits boulots dans le monde moldu, car
les sorciers étaient réticents à employer
des ‘Sang-de-Bourbe, certains par convictions personnelles,
d’autres par peur des représailles), son travail à
l’Ordre, son couple, Hermione avait une vie bien remplie. Elle
espérait la fin de la guerre, pour vivre enfin pleinement dans
le monde magique, et ouvertement avec son amour.
Le quotidien (385 et 382)
Severus
Les Mangemorts, Voldemort en tête, avaient eu du mal à
accepter le fait que Snape partage le lit d’une sorcière
au sang ‘impur’. Il dut utiliser toute sa force de
persuasion, pendant plusieurs mois, pour les convaincre que Hermione
n’était qu’une couverture (et une économie
par rapport à un bordel).
Puis il discuta avec les ‘chefs de clan’ des
opportunités d’épouser une sorcière au sang
pur après la guerre. Il commença à rencontrer des
veuves, des jeunes filles en cachette de Hermione, et en
parallèle de son travail d’espion. Les candidates
étaient variées. Contrairement aux croyances de
l’Ordre, les Mangemorts ne produisaient pas de clones. Hermione
lui avait un jour expliqué qu’une population
repliée sur elle-même pouvait observer une
fréquence anormalement élevée de certaines
maladies. Il avait rejeté l’idée. Les femmes
qu’il avait vues étaient parfaitement saines. La potion de
détection versée dans leur thé était
fiable. Les rendez-vous continuèrent des mois. Il rencontra des
jeunes filles, des jeunes femmes, des personnes de son âge. Et
les rejeta toutes. Chacune avait au moins un défaut
rédhibitoire, trait physique ou de caractère.
En désespoir de cause, la marieuse (Narcissa Malfoy) lui demanda
de lui décrire la femme de ses rêves, un parchemin et une
plume portraitiste en main. La malheureuse ne comprit jamais pourquoi
Severus ne la laissa pas voir le résultat. Un portrait
d’Hermione au crayon.
Son incapacité à le détruire le mit dans un rage
folle. L’objet fut caché à part, derrière la
plinthe de sa chambre. Impasse du tisserand. Il n’avait jamais
été question de vivre ensemble. Trop dangereux. Mais il
le regrettait parfois quand il voyait Hermione repartir vers son petit
studio mal chauffé.
Un expert en relations cachées (Lucius Malfoy) prit sa mauvaise
humeur pour des difficultés avec sa compagne, et lui expliqua
que certains cadeaux peuvent apporter une solution durable. Severus ne
pouvait pas vivre avec Hermione, mais il pouvait lui offrir un
médaillon avec un mouchard. Pour fouiller dans ses dossiers sur
l’Ordre du Phoenix, et veiller qu’il ne lui arrive rien.
Il lui fallut à peu près un an pour prendre conscience de
ses sentiments. Pour compenser sa culpabilité à tromper
la confiance de la femme qu’il aimait, il lui offrait un cadeau
par intrusion dans les affaires de l’Ordre. Il n’osait pas
penser à l’après. Que deviendrait Hermione à
l’avènement de Voldemort ?
Ce semblant d’équilibre dura jusqu’à la bataille finale.
Hermione
Travailler pour gagner sa vie occupe et fatigue. Avoir
l’équivalent d’un deuxième emploi à
l’Ordre du Phoenix bannit l’ennui de votre vie. Etre la
compagne d’un espion est épuisant nerveusement. Alors que
dire des trois ! Parfois, Hermione se surprenait. Durant cette
période de sa vie, ses qualités d’organisation
furent mises à rude épreuve.
Elle comprit assez rapidement qu’elle ne pouvait pas
emménager chez Severus, pour protéger son travail chez
les Mangemorts. Au fil du temps, elle découvrit que lui aussi
n’était pas heureux de cette situation.
Il était souvent fatigué, et cela le rendait irritable.
Pendant un temps, Hermione se demanda s’il ne fréquentait
pas une autre femme, une sang-pur. Ses soupçons
s’évanouirent le jour de son anniversaire. Il avait pu se
libérer toute une nuit, avait préparé un
dîner aux chandelles. Rien que cela suffisait à son
bonheur. Le médaillon victorien qu’il lui offrit au
dessert la ravit. Elle le porta plus ou moins ouvertement toute sa vie.
Elle savait qu’il n’avait pas eu une de vraie vie
sentimentale par le passé, et vit ce soir-là qu’il
avait passé un cap. Et se permit d’imaginer l’avenir
: une maison dans un quartier résidentiel, eux deux travaillant
dans le monde sorcier, un bébé, puis un autre. Elle
s’inquiétait de la reconversion professionnelle de
Severus. Ses ‘collègues’ de l’Ordre le
traitaient toujours comme un traître, malgré ses efforts
pour faciliter les échanges. Les informations qu’il
apportait n’étaient pas toujours exactes. Lorsqu’il
demanda une vraie information importante pour garder sa place dans le
cercle de Voldemort, plusieurs Aurors faillirent l’étriper.
Après un an d’une vie épuisante mais qui apportait
son lot de satisfactions, Hermione vit Severus changer. Elle mit ce
changement sur le compte du métier d’espion et de la
déformation professionnelle, et fut heureuse de le voir enfin
lui faire confiance.
Elle recommença à se ronger les sangs lorsque Severus lui
offrit des bijoux toutes les semaines. Une crise de larmes et une
scène de ménage plus tard, elle apprit que les bijoux
provenaient du butin des Mangemorts, et l’ancien professeur
apprit à diversifier. Il sacrifia quelques éditions
anciennes à la paix de son couple. De toutes façons,
chacun partageait ses livres. Eh oui ! Les deux lecteurs assidus
trouvaient encore quelques heures par-ci par-là pour en
apprendre encore sur la magie.
La séparation (611 et 355)
Severus
Severus avait longtemps craint la bataille finale. A juste titre.
Quelques semaines avant, comme par entente tacite, les deux camps
avaient cessé de lui donner des informations. Le temps de
l’espionnage était fini. Tous voulaient en terminer
rapidement, et affûtaient leurs armes, sorts offensifs, boucliers
… Il savait que dans les deux camps, ses gestes seraient
guettés. Et que personne ne le couvrirait s’il tentait
quelque chose. Et qu’il ne pouvait pas se permettre de rester
hors du combat.
Il s’inquiétait également pour Hermione, et lui
prépara une cachette, ainsi qu’un portoloin pour s’y
rendre. Il s’interrogeait sur le meilleur moment pour
l’éloigner. Trop tôt, il risquait de la perdre,
départ choisi ou meurtre de Mangemort. Trop tard, il la mettait
en danger plus qu’il ne le supportait. Elle s’était
sentie fatiguée ces derniers temps. Il soupirait, pensait
à la proximité de la fin de la guerre.
Le jour où tout éclata, elle se trouvait sur le Chemin de
Traverse, avec Ginny Weasley. Il n’avait jamais beaucoup
aimé la fille Weasley, mais il reconnaissait son talent à
réconforter Hermione les mauvais jours. Lui jouait aux cartes
chez les Malfoys, comme il le faisait régulièrement. Il
eut un mauvais pressentiment en voyant les autres joueurs se lever, et
en entendant Lucius dire : « Assez joué ! Passons aux
choses sérieuses ! ». Les joueurs transplanèrent
dans une clairière dans une forêt, pour retrouver
l’ensemble des fidèles de Voldemort. Qui répartit
les combattants en équipes, et leur assigna une zone.
Lucius obtint un secteur du Chemin de Traverse, et la surveillance de
Snape. Ils transplanèrent en silence, Lucius sondant sans
succès le regard du Maître des Potions, qui avait perdu sa
neutralité pour une sorte de vide. Lucius s’interrogea sur
les causes de son inquiétude. Pour lui ? Pour elle ? Quelle elle
? Lors du déploiement de l’équipe, Severus consulta
discrètement le mouchard. Deux cent mètres le
séparaient d’elle. Comment la mettre à l’abri
?
Il n’eut pas le temps de réfléchir. Les
hostilités démarrèrent rapidement. Les adversaires
étaient nombreux. Très. Snape lança quelques Avada
Kadavra, puis opta pour des Stupefix, plus discrets, et au même
effet immédiat. Après quelques heures, les Mangemorts se
trouvèrent seuls dans la zone. L’espion sentit le premier
le piège, mais ne put empêcher la suite des
évènements. Les Mangemorts se séparèrent
pour chercher des rescapés cachés, et à ce moment
les résistants les prirent un à un.
Severus se dirigeait vers le signal du mouchard quand tout devint noir.
Il reprit ses esprits en prison, à Azkaban rénové,
et sans Détraqueur. Après quelques semaines de
captivité, ses ‘collègues’ Mangemorts ne se
méfièrent plus de lui : il était aussi seul
qu’eux. En effet, il n’avait pas revu Hermione, ni obtenu
la moindre nouvelle d’elle.
Il ne la revit pas avant son procès, deux semaines après
la bataille. Elle était très pâle, les yeux rouges
et cernés, entièrement en noir. ‘Elle a fait le
deuil de ses illusions’. Hermione témoigna à
charge, et cela lui coûtait visiblement.
Le procès apprit à Severus que la responsable des
renseignements de l’Ordre du phoenix était aussi une
chercheuse, qui avait mis au point un sort de contre-espionnage
très puissant. Et qu’elle avait poussé la
conscience professionnelle à vider de sa mémoire tout ce
qui y était relié dès qu’elle était
entrée à l’Ordre. Avant qu’ils ne soient
ensemble. Les espions de l’Ordre, qui ne lui avaient jamais fait
confiance, avaient relevé des preuves de sa véritable
loyauté grâce à ce sort. A partir de cet instant,
il n’écouta plus le procès. Il fixait Hermione,
effondrée, et sincèrement désolé.
Il fut condamné à perpétuité, et partit avec son image pâle.
Hermione
Leur vie de couple devenait difficile, entre les réunions de
l’Ordre, et celles des Mangemorts. Elle avait sentit la tension
monter, puis se stabiliser à un niveau très
élevé un mois avant. Ses amis n’avaient jamais fait
confiance à Severus, et comme visiblement la bataille finale
approchait, ils ne lui parlaient plus ‘boulot’.
Elle n’était pas abandonnée pour autant. Elle
voyait régulièrement Ginny, et essayait de dissiper ses
légitimes inquiétudes. Enceinte, la compagne de Harry
s’inquiétait dix fois plus. Hermione ne comprit
qu’après coup que Ginny s’inquiétait aussi
pour elle.
Un jour où elles avaient rendez-vous sur le Chemin de Traverse,
Ginny profita d’un passage aux toilettes de son amie pour verser
une potion dans son thé.
Hermione se réveilla au Terrier, deux heures avant la fin de la
bataille, Ginny et Molly à ses côtés pour la
soutenir. Elle allait en avoir besoin. Consciencieuse à
l’extrême, elle avait effacé de sa mémoire
certaines données sensibles, dont son sort de contre-espionnage.
Relever les traces magiques d’une intrusion, par exemple.
Avec une logique paradoxale, un semblant de système
administratif gérait la communauté sorcière, et un
décret passé inaperçu avait rendu légale
l’utilisation de ce sort. Et permis son utilisation pour obtenir
des preuves valables à un procès. Hermione comprit en
recouvrant ses souvenirs, vieux d’avant son couple, que Severus
l’avait trahie.
Le soutien de tous ses amis lui fut nécessaire pour supporter le
choc, et aller témoigner au procès. Elle ne cilla pas
devant Severus, dont le regard implorait le pardon. Pouvait-elle encore
le croire ?
La fin du procès et la condamnation la soulagèrent. Mais
il lui restait un autre problème à gérer :
l’enfant de Severus.
Quelques visites à Ste Mangouste l’aidèrent
à trouver une solution. Neville avait perdu Luna, et un sort
particulièrement vicieux l’avait rendu stérile. Ils
conclurent un mariage de raison qui surprit leur entourage. Personne le
dit le nom du véritable père de
l’arrière-petit-fils de la terrible grand-mère, qui
vécu encore deux ans.
L’enfant, nommée Elinor, tenait suffisamment de son
père pour se passionner pour la botanique avec son papa, et
avait, heureusement pour elle, la nez de sa mère.