1. Fic 1 : Réveillon
Noël. Crowley adorait Noël. Surtout les derniers jours avant
le réveillon, plus on se rapprochait du réveillon,
meilleur c’était. C’était étonnant et
d’une ironie folle qu’une fête d’en Haut ait pu
être perverti à ce point. C’était un comble
que la naissance du Christ soit un des moments clés de la
récolte d’âmes pour les démons. La
gourmandise, la frustration, les jalousies, la colère, toutes
les passions en ressortaient exacerbées pour le plus grand
plaisir de ceux d’en Bas. Crowley adorait Noël devant le XXe
siècle. C’était là que le
phénomène avait pris toute son ampleur.
Il y a trois jours, il avait sa dernière mauvaise action de
taille : il avait rendu complètement introuvable la
dernière console de jeux à la mode, celles que tous les
enfants avaient demandées au Père Noël. Depuis deux
jours, les parents s’énervaient un peu plus à
chaque magasin qu’ils faisaient et qui leur
répétait qu’elle était en rupture de stock.
Ils étaient énervés contre leurs enfants, contre
eux-mêmes et contre le reste du monde. Ils étaient tendus
et il y avait quelques magasins où les clients en étaient
venus au main après que quelqu’un (on se demandait bien de
qui il pouvait s’agir) avait lancé la rumeur que les
employés se gardaient des consoles pour eux.
Crowley imaginait avec délectation la mine déconfite des
enfants quand ils ouvriraient leurs cadeaux au pied du sapin. Ils
seraient odieux pour se venger, et ils jalouseraient leurs petits
camarades dont les parents avaient réussi à avoir des
consoles *avant* que Crowley ne s’en mêle. Toutes ces
déceptions, et toutes ces frustrations, c’était
autant d’âmes qui finiraient dans leurs escarcelles.
Le jour du réveillon arrivé, il entra dans le premier
K-Mart venu, garant sa Bentley en double file juste devant le magasin,
malgré les coups de klaxon des gens dans les autos
derrière lui. Il attrapa quelques bouteilles de champagne,
Aziraphale s’occupait du repas et se dirigea vers les caisses,
provoquant au passage quelques pénuries de produits clés.
Les caisses des magasins le jour du réveillon étaient une
vision grandiose. L’énervement des gens atteignait
son paroxysme au moment où ils étaient dans les queues.
Ils avaient jusque là supporter la foule dans les allées,
les bousculades pour avoir les derniers paquets de chips trop grasses
au goût fromage, l’incompétence crasse des
employés et même parfois les insultes d’autres
clients tout aussi excédés. Ils étaient à
bout de nerfs et ils voyaient les caisses alignées, et des
milliers de gens avec eux qui faisaient la queue pour pouvoir payer.
Par un miraculeux hasard, une nouvelle caisse s’ouvrit juste
devant le démon. Il aimait créer des files
d’attente. Il n’était pas fou au point d’aimer
les subir. Quelques caisses aux alentours connurent
d’inexplicables bourrage papier, des étiquettes sur des
produits disparurent comme par enchantement, et Crowley sortit du
K-Mart avec ses bouteilles de champagne, sept minutes seulement
après y être rentré.
En montant dans sa Bentley, il chantonnait White Christmas. La version de Queen bien sûr.
Crowley arriva dans le quartier de Soho et trouva par le plus pur
hasard une place devant la petite librairie d’Aziraphale. La
porte était fermée bien sûr pour éloigner
tout potentiel client qui aurait voulu arracher un livre des mains de
l’ange.
Aziraphale avait passé une journée
particulièrement agréable. C’était
l’époque qui voulait ça, Noël était une
période de l’année tellement agréable. Il
avait été faire quelques bonnes actions de bon matin, ce
qui à cette période de l’année était
la chose la plus facile du monde. Les gens étaient heureux et
n’avaient qu’une envie, que le monde soit heureux avec eux.
Il était très aisé de leur inspirer un ou deux
actes charitables, de leur insuffler un peu de cette
ineffabilité qui faisait le bonheur de ses supérieurs.
Ensuite, il avait ouvert sa boutique, si on pouvait appeler
s’installer dans un fauteuil caché derrière deux
bibliothèques, ouvrir sa boutique. Il s’était mis
à relire un excellent livre de sa collection qu’il
n’avait jamais eu le temps de relire depuis le XVe siècle.
Il avait bien essayé au XIXe mais, c’était en 1860
et les mille de Garibaldi lui avait donné fort à faire et
il avait été obligé de le reposer dans un coin en
attendant de trouver un moment. Une chose en entraînant une
autre, il avait oublié ce livre jusqu’à ce
qu’il tombe dessus par hasard ce matin, en replaçant son
voisin sur l’étagère.
Et il avait passé l’après-midi, dans son fauteuil,
le livre à la main, et une tasse de chocolat chaud qui
miraculeusement ne désemplissait jamais.
Enfin, jusqu’à ce qu’un gêneur entre dans sa
boutique. Les gens tenaient-ils donc vraiment à acheter des
livres ici ? Il était pourtant sûr d’avoir
verrouillé la porte d’entrée. Il allait dire que la
boutique était fermée et qu’il faudrait repasser
plus tard, quand il reconnut une paire de lunettes noires.
« Crowley, tiens, que me vaut le plaisir de ta visite ?
— Mon Ange, tu me déçois. Tu m’as promis un réveillon il y a sept ans.
— Un réveillon ?
Aziraphale ne se souvenait de rien de la sorte. Et pourtant sa mémoire était excellente.
— Bien sûr. Nous avions un pari sur cet homme…
— Un pari, s’indigna l’ange, je suis certain de ne pas avoir parier.
Crowley écarta son objection d’un petit geste de la main.
— C’est une histoire de sémantique, pas un pari, une
divergence d’opinions, nous étions tous les deux
persuadés d’avoir raison. J’ai alors proposé
que le gagnant offre à l’autre un repas de Noël.
J’adore Noël, tu le sais, ça ?
— Et j’ai accepté ?
— Pas exactement, mais ne nous attardons pas sur des
détails sans importance. John Tucker est à nous. Il a
basculé, son âme est à nous aussi sûrement
que Satan est tombé. »
John Tucker, ce nom lui rappelait quelque chose… Oui…
C’était bien il y a sept ans, à peu près
à la même époque. Crowley et lui étaient
à St James’ Park, à marcher en discutant de leurs
affaires respectives quand ils avaient croisé un homme. John
Tucker, un infirmier qui était en vacances. Aziraphale avait
profité du moment pour l’inspirer un peu, et bien
sûr Crowley avait décrété que ce type
était déjà sur la pente qui le mènerait
dans les bras des démons et que tout ce que Aziraphale avait
fait, c’était de retarder l’échéance.
Ce à quoi l’Ange n’avait pas été du
tout d’accord, parce que si les plans divins lui avaient fait
croisé sa route, c’était sans doute pour
qu’il le guide sur le droit chemin. S’en était suivi
un débat sur l’Ineffable qui s’était
éternisé pendant cinq ans.
« Son âme est vous ? Qu’est-ce que tu as fait ?
— Moi, mais rien du tout, je lui ai juste donné les
clés de la pharmacie. C’est lui qui a décidé
tout seul de céder à la tentation.
Aziraphale était sceptique.
— Depuis quand t’es tu remis à travailler à
si petite échelle ? Je croyais que tu trouvais ça
démodé.
— Absolument. Mais l’attrait d’un réveillon
m’a fait fermer les yeux sur le côté tellement XVIIe
de la chose.
Il sortit des bouteilles du sac qu’il portait.
— J’ai même apporté le champagne.
Aziraphale n’eut pas le temps de répondre qu’il
n’avait rien préparé et ni même prévu
que la porte de sa boutique s’ouvrait une nouvelle fois. Le
démon avait du la laisser ouverte derrière lui.
« Bonjour, fit un homme d’un certain âge.
— Bonjour, répondit Aziraphale avec un sourire aimable bien qu’un peu forcé.
Crowley ne se donna pas la peine de répondre.
— J’aurais voulu savoir si vous n’aviez pas une
édition originale de Pride & Prejudice, c’est pour ma
femme, cela va faire trente ans qu’on est marié demain. On
s’est marié à Noël.
Crowley bailla. Aziraphale était ennuyé surtout avec lui-même. Il ne pouvait pas mentir.
— Un mariage à Noël, comme c’est romantique.
J’ai une édition originale, mais je doute qu’elle
vous convienne, elle est en très piteux état et je ne
voudrais vraiment pas vous vendre un objet de si médiocre
qualité pour un évènement aussi important.
— Oh, l’homme avait l’air déçu, est-ce que je peux la voir ?
Aziraphale était profondément ennuyé maintenant.
Il aimait bien ce livre. Ce n’était pas son
préféré mais, il aimait bien parcourir ses
vieilles pages jaunies et revivre les aventures d’Elizabeth.
— C’est que la boutique était fermé, et que…
— La porte était ouverte, et… le mortel regarda Crowley qui fouillait dans les rayonnages.
— C’est un ami… en quelque sorte, répondit l’ange. Et nous devions partir réveillonner.
— Oh, je vois. »
L’homme sourit et Aziraphale ne voyait pas ce qu’il voyait
mais Crowley en avait une bonne idée. Aziraphale faisait
étonnamment gay pour un ange qui avait autrefois tenu une
épée enflammée. Et Crowley s’était
souvent dit qu’il n’aurait sans doute pas grand-chose
à faire pour tenter l’ange et leur faire déchoir.
Certains jours, il imaginait ce qu’il pourrait faire à un
Aziraphale consentant. Le seul problème, c’était
qu’une fois qu’Aziraphale aurait commis le
péché de chair, il serait déchu et qu’il y
avait peu de chance qu’on le laisse traîner sur Terre,
ça ferait désordre. Crowley avait envie de son vieil
ennemi, mais il aurait détesté devoir se faire à
son remplaçant. En six mille ans, ils avaient appris à se
connaître, il y avait l’Accord, et il faudrait tout
recommencer à zéro avec un autre ange.
Crowley en avait assez d’attendre après un mortel à
qui de toutes façons l’ange n’avait aucune envie de
vendre quoi que ce soit. Il était temps d’agir.
L’homme parut soudain perdu dans ses pensées. Il secoua la tête et recula.
« Ce n’est pas grave… Je ne suis pas sûr
d’avoir envie de fêter cet anniversaire après tout.
»
Et il sortit de la boutique en courant presque.
Aziraphale croisa les bras sur la poitrine et jaugea son homologue démoniaque.
« Qu’est-ce que tu as fait ?
— J’ai juste insufflé le doute dans son
esprit… Il est juste parti vérifier que sa femme ne le
trompait pas. Tu ne voulais pas vendre ce livre de toutes
façons, je nous ai fait gagner du temps.
Devant l’air dubitatif de l’ange, il ajouta.
— On a un réveillon à préparer. Enfin *tu*
as un réveillon à préparer, parce que moi,
j’ai déjà apporté le champagne.
Aziraphale soupira et sourit à son vieux compagnon. Il y avait
bien pire que de passer la soirée avec Crowley. Il aurait pu
être en haut, avec le Métatron.
— Je ne sais pas cuisiner, tu le sais ça ?
Crowley haussa les épaules.
— Tu dois bien avoir un livre de cuisine qui se cache parmi tous les autres.
— Absolument pas, répondit-il. Aziraphale était
sûr de lui, il savait exactement ce qu’il avait dans sa
petite boutique.
— Pas même une vieille édition originale d’un chef français ?
— Rien, désolé.
Et l’ange était vraiment désolé. Il
détestait décevoir les gens, même les
démons, un ange aurait du pouvoir trouver un livre de cuisine
dans sa boutique.
— Pas de problèmes, il y a des tonnes de traiteurs dans
Londres qui ne demandent qu’à nous livrer sans
préavis.
Crowley passa un bras autour des épaules de l’ange.
— Allons-y. Il y a toujours la possibilité d’un restaurant. On aura que l’embarras du choix.
Aziraphale rangea les deux livres qui étaient sortis sans
être lâché par le démon et ils
quittèrent la petite boutique. L’ange n’avait pas
envisagé de passer le réveillon comme ça, et il y
avait sûrement du travail pour lui un peu partout, mais rien qui
ne lui paraisse aussi agréable qu’une soirée avec
Crowley. Et si on lui posait des questions en Haut, il pourrait
toujours répondre qu’il surveillait l’ennemi pour
éviter qu’il ne pourrisse cette sainte date pour les
mortels.
En parlant de ça, d’ailleurs.
— Dis, c’était toi la console ? »
Crowley sourit, fier de son œuvre.
—Oh oui... »
Les deux amis, ennemis, autres, montèrent dans la Bentley du
démon qui démarra au quart de tour et disparut de Soho en
quelques secondes.
2. Intermède d'icônes.
1.

2.

3.

4.

5.
3. Fic 2 : Les Remplaçants D'Aziraphale.
Crowley était furieux. A cette période de
l’année, il était suffisamment surchargé de
travail sans qu’en plus, il ait à subir ça. Des
actions angéliques à Manchester. Manchester ! MANCHESTER.
Son Manchester à lui. L’Accord était clair, et
Aziraphale et lui l’avaient toujours respecté depuis
qu’ils l’avaient instauré. Manchester était
à lui. Est-ce qu’il allait pervertir les âmes du
Shropshire lui ? Non. Parce que l’Accord disait que le Shropshire
était le terrain de jeu de l’Ange.
Et là, il se retrouvait avec des âmes qui lui
étaient quasiment acquises qui lui filaient entre les doigts.
Ses patrons n’étaient pas contents. Et ils le lui avaient
fait clairement comprendre. Il avait dû supporter leurs
braillements dans la radio de sa voiture, encore une fois.
En apprenant ça, il avait fait demi-tour et filé à
Soho, dire à Aziraphale ce qu’il pensait de ses
méthodes. Non mais ! C’était lui le démon,
c’était lui qui aurait du rompre les accords qu’ils
avaient passés. C’était dans sa nature à
lui.
Il n’eut pas besoin de se garer pour comprendre qu’il y
avait un problème. Là où il y avait eu la petite
librairie sombre remplie de livres obscures de l’ange, il y avait
maintenant un sushi bar aux couleurs chatoyantes.
Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?
Il prit son téléphone et appela l’ange.
« Le numéro que vous avez demandé n’est pas
attribué. Le numéro que vous avez demandé
n’est pas attribué. »
Crowley pesta et raccrocha.
Il y avait quelque chose de pourri au royaume du Très Haut.
Aziraphale n’aurait jamais laissé sa petite librairie. Il
n’aurait jamais laissé des gens la transformer en
restaurant branché. Bien des mortels s’y étaient
essayés et s’y étaient cassés les dents.
Crowley savait que si l’ange avait du s’absenter, il
l’aurait prévenu pour qu’il puisse surveiller ses
âmes. Ils avaient toujours fonctionné comme ça.
Six mille ans qu’ils se connaissaient, un peu plus
peut-être, et jamais il n’avait autant été
dans le brouillard.
Deux heures et un entretien particulièrement
désagréable avec ses supérieurs plus tard, il
commençait à avoir des réponses. Aziraphale avait
été rappelé d’urgence en Haut et il avait un
remplaçant. Pourquoi il ne le savait pas encore, mais il
l’apprendrait. On lui avait dit comment contacter son nouvel
homologue.
Le nouvel ange s’était établi à Bath. Bath.
Quelle idée de s’établir dans un endroit pareil.
Crowley gara sa Bentley sur une place pour handicapés et entra
dans un horrible salon de thé qui faisait terriblement
prétentieux à ses yeux. Ce n’était pas son
ange à lui qui aurait traîné dans un endroit pareil.
Le type derrière le comptoir était le nouveau venu. Il
n’eut aucun mal à le reconnaître. Il lança un
regard noir à Crowley. Un peu plus il sortait son
épée pour essayer de le tuer. Crowley avança
jusqu’au comptoir, et ôta ses lunettes noires.
« Alors c’est vous qui remplacez Aziraphale.
— Je suis Tortiel. Qu’est-ce que vous faites là ?
— Je suis venu dire bonjour.
L’ange le regardait avec un profond dégoût et un air de supériorité qui irritait Crowley.
— Ce n’est pas parce que mon prédécesseur
était faible que je serais aussi facile à manipuler.
Crowley rit.
— Aziraphale, faible ? Un peu trop gentil, fondamentalement bon,
et obsédé par ses livres si vous voulez, mais
faible…
— C’est ce que nos supérieurs pensent. Et
après ce que vous venez de dire, je n’ai aucun doute que
ce soit vrai. Vous avez l’air de bien le connaître.
— Essayez de bosser six millénaires avec une personne, vous apprendrez une chose ou deux.
Et vous apprendrez à l’apprécier, mais ça Crowley ne le dit pas.
— Mes supérieurs pensent que Aziraphale était sur
Terre depuis trop longtemps et qu’il s’était
relâché. Qu’il était trop arrangeant avec
vous. Qu’il vous passait des choses. C’est pour ça
que je suis là. Et croyez-moi, les petites magouilles, les
arrangements, c’est fini.
Crowley en avait assez de cet ange. Son nouvel homologue ne lui
plaisait pas du tout. Il était arrogant, suffisant, il semblait
stupide et borné et surtout, il n’était pas
Aziraphale. Il fallait qu’il se débarrasse de lui. Et il
savait exactement comment.
Cela faisait longtemps qu’un démon n’avait pas fait
tomber un ange. Ses supérieurs seraient sans doute ravis quand
ce Tortiel arriverait chez eux. Ça ferait très bien sur
son dossier. Et Crowley n’avait aucun doute quant à sa
réussite. Il était le Serpent tentateur après tout.
***
Crowley avait réussi à séduire Tortiel. Il avait
eu besoin de trois visites, pas une de plus. Il avait séduit
aussi les deux autres anges qui étaient venus après lui
tout aussi facilement. Ses patrons le félicitaient
chaleureusement, les anges étaient déchus, et pourtant,
il était toujours aussi énervé. Il se demandait
combien d’anges il allait devoir séduire avant qu’on
comprenne en Haut qu’il fallait lui renvoyer son ange.
Le téléphone de sa voiture sonna. Il écarquilla
les yeux. Personne n’appelait jamais excepté son ange. Ses
supérieurs émettaient sur tout et n’importe quoi,
ils ne faisaient pas sonner un téléphone, ça
aurait laissé le choix de ne pas prendre l’appel. Crowley
décrocha.
« Crowley.
— Mon cher Crowley. Comment pourrais-je te remercier ?
Crowley sourit.
— Voyons Aziraphale, ne me dis pas que tu as tout oublié
pendant ton séjour céleste. Ce n’est pas le genre
de choses qu’il faut dire à un démon.
— Elgar, mon cher, Elgar.
Crowley rit ouvertement. Là haut, il n’avait pas de
musiciens. Une éternité avec Elgar… Il fallait
être dingue.
— Tu manques singulièrement de compassion.
— Je suis un démon.
— Je t’invite à déjeuner. On fêtera mon retour.
— Je suis là dans cinq minutes.
Crowley fit rugir sa Bentley sur l’asphalte. Il avait cinq
minutes pour parcourir deux cent kilomètres. Il pouvait le faire
en deux minutes pour rejoindre son ange.